Beurre de cacahuètes: bon ou mauvais pour la santé? « Il ne faut pas le consommer seul »Après le visage, une nouvelle demande en cabinet

Le Dr Jhossy Villanueva Diaz, pratique la médecine esthétique au Sud d’Anvers, elle utilise le laser dans le cadre dermatologique. Et depuis quelque temps, les patientes satisfaites du traitement pour le visage adressent des demandes concernant les zones sous la ceinture.

“Les traitements esthétiques intimes sont un secteur en augmentation dans mon cabinet”, dit-elle. Qui sont les patientes en demande ? “Il y a des patientes d’âges et de milieux différents.”

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Il y a plusieurs types de demandes. “Par exemple, des patientes plus jeunes sont préoccupées par l’asymétrie ou la coloration de leur vulve. Les patientes plus matures cherchent souvent à améliorer la qualité de la peau, l’hydratation de la peau, et plus généralement au tonus, à la fermeté de la peau, plus particulièrement après une grossesse ou à cause du vieillissement.”

Pas de bistouri : le laser et les injections d’acide hyaluronique

Elle précise : “Je ne pratique que des approches non chirurgicales et réparatrices. J’utilise un laser particulièrement adapté aux zones intimes. Cela permet de traiter tous les types de peau, et améliorer les problèmes d’hyperpigmentation, de qualité de peau et de relâchement cutané.”

Dans son cabinet médical, une collègue propose également des injections d’acide hyaluronique pour les grandes lèvres, “cela aide à restaurer le volume, dit le Dr Villanueva Diaz, qui affirme que cela améliore également l’hydratation de la peau.

Est-ce que ça fait mal ? Nous n’avons malheureusement pas pu avoir de contact avec des patientes, pour recueillir leur témoignage. Nous devrons nous contenter des déclarations du Dr Villanueva Diaz, qui atteste que les traitements sont généralement bien tolérés, “avec un inconfort minimal et très peu de jours de convalescence”.

Une motivation pratique pour certaines

Dans le cadre de sa patientèle, la sexologue Joëlle Smets n’a rencontré que deux patientes qui ont eu recours à une opération de la vulve, “parce qu’elles avaient des inconforts pour la pratique de leur sport, parce que les petites lèvres étaient trop proéminentes. Le fait qu’elles dépassent des grandes lèvres les dérangeait”.

Pour connaître les motivations des autres personnes qui recourent à la médecine ou la chirurgie esthétique pour la vulvoplastie, la sexologue s’est donc penchée sur des études scientifiques.

Le poids des réseaux sociaux et du porno sur l’image de soi

La première motivation qui ressort des cinq études consultées par Mme Smets est le fait que les femmes trouvent que leur sexe n’est pas beau.

D’où vient ce sentiment ? “La pornographie, les réseaux sociaux… et même la publicité, où quand on voit une femme en maillot, on a l’impression qu’elle a un sexe comme les poupées Barbie, un simple arrondi sans la moindre protubérance.”

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“Ce sont des femmes fragilisées dans leur estime de soi, et dans leur image corporelle”, commente la sexologue.

À cause du commentaire d’un partenaire

Il arrive que le commentaire d’un partenaire sur leur anatomie intime pousse les femmes à vouloir améliorer leur apparence. “Mais la plupart du temps, les femmes ont une mauvaise image d’elles-mêmes au niveau physique. Cette mauvaise image de soi les fragilise très fort dans leur vie intime.”

« Le job des femmes en amour, selon les normes socio-culturelles liées au patriarcat, c’est d’être un bel objet sexuel. »

L’autrice de La puissance sexuelle des femmes (éditions Kennes) explique : “Le diktat qui pèse sur le corps des femmes est sans commune mesure avec celui qui pèse sur le corps des hommes. Le job des femmes en amour, selon les normes socioculturelles liées au patriarcat, c’est d’être un bel objet sexuel et de porter le désir et le plaisir de l’homme.”

Les femmes ont selon elle un rôle secondaire d’objet sexuel quand les hommes sont sujets : “C’est eux qui sont à l’initiative et prennent la sexualité en main.”

Pour Joëlle Smets, les opérations génitales, qu’elles soient chirurgicales ou pas sont la prolongation jusqu’au niveau de l’intime de cette obligation de perfection et de l’idéal féminin.

Il faut informer les femmes des conséquences de la chirurgie, irréversible

Mme Smets souligne que le Collège américain des chirurgiens et des gynécologues a publié en 2020 des recommandations à destination des gynécologues. “Ils constataient que trop de gynécologues obstétriciens pratiquaient des interventions esthétiques génitales sans évaluer le profil psychologique de la patiente.”

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Ils mettaient en garde contre les interventions chirurgicales, notamment la vaginoplastie. “Ils recommandaient d’informer tout d’abord les femmes sur les troubles que cela peut engendrer : les douleurs, saignements, infections et les dyspareunies (des douleurs pendant la pénétration) ».