Opinion
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L’affaire Dittli, femmes et hommes artistes
Retrouvez ici votre courrier des lecteurs du 1ᵉʳ mai 2026.
Commentaire
24 heures / lecteurs
Publié: 01.05.2026, 07h31
Affaire Dittli
Tout a commencé par des problèmes de taxation fiscale des riches contribuables vaudois dont les impôts ne doivent pas dépasser 60% de leurs revenus. Cette règle est définie par une loi et un règlement qui ont changé tous les deux ou trois ans et dont les recours ne sont pas tous tranchés. La définition du revenu, par exemple, n’est pas claire, les revenus des actions des contribuables n’étant pas forcément pris en compte. On applique donc la méthode à vue, selon les cas… Les dossiers litigieux ont comme par mégarde disparu. La cheffe du service prend une retraite anticipée, pour simplifier le cas.
Ce sont ce genre de dossiers qui ont abouti dans les mains de la nouvelle conseillère d’État, non traités par l’ancien détenteur du dicastère. L’ancien conseiller d’État avait appris aux Vaudois qu’on pouvait payer ses impôts à Sainte-Croix plutôt qu’à son lieu de domicile si on allait y voir sa famille le week-end. La nouvelle conseillère a compris la leçon, à Zoug cette fois, où elle allait voir sa famille à elle le dimanche.
L’analyse du dernier «expert» du Conseil d’État traite du montant des expertises demandées par Mme Dittli, des montants qu’il estime importants, en fait des broutilles par rapport au budget du Canton, de 12 milliards. On parle encore de soi-disant mensonges de la conseillère d’État. Ne s’agit-il pas plutôt de secrets de fonction auxquels tout serviteur de l’État est tenu? Ou de la marge de manœuvre d’un conseiller d’État? De toute façon, les trois rapports sont des rapports qu’on peut considérer comme privés, demandés par une seule partie, unilatéraux, sans audition des deux parties. Ils n’ont aucune force juridique.
L’attitude du Conseil d’État vaudois n’est pas dans l’esprit de la collégialité ni du respect de ses membres. Le vote du Grand Conseil est choquant lui aussi. Il est une condamnation, sans procès, sans audition des deux parties. Enfin, ni le Conseil d’État ni le Grand Conseil ne respectent la règle essentielle de la présomption d’innocence de l’accusé. C’est choquant dans un État qui se dit de droit.
Entre «l’affaire Valérie Dittli» et «le bouclier fiscal», «24 heures» multiplie des articles pleins de rebondissements sur les sujets qui perturbent le pouvoir politique du Canton de Vaud, ceci même jusqu’à Berne, où se trouvent «les États», Chambre dans laquelle notre canton est représenté par deux conseillers. Bref, j’ai l’impression que l’on reproche surtout à Madame Dittli d’avoir sorti le «bouclier fiscal» de l’ombre où il se cachait. En fait, d’un côté, nous avons une «maladresse» à 40’000 francs et de l’autre, un scandale dont l’ampleur se situe à près d’un milliard. Ce qui est important, c’est de minimiser ce deuxième montant pour essayer de rendre les «maladresses» de Madame Dittli beaucoup plus importantes que le plus gros scandale du siècle vécu par notre canton. Bien sûr, il faut absolument protéger certaines personnalités qui sont soutenues par le «bon peuple» au moment des élections. C’est un peu comme l’arbre qui cache la forêt. Soyons sérieux! Les démissions? C’est au Conseil d’État vaudois et aux États à Berne qu’il faut les réclamer. Par contre, la réhabilitation, c’est à Madame Dittli qu’on la doit… En effet, le véritable sujet du débat est celui de ce gros scandale du bouclier. Jusqu’à présent, c’est la population vaudoise qui a payé la casse.
Culture
Dernièrement, «24 heures» nous apprenait l’ouverture d’un nouveau Musée des beaux-arts consacré aux artistes femmes. D’un côté, je m’en réjouis, et de l’autre cela m’attriste sérieusement. Cette volonté de séparer en lieu et place de réunir est forcément une erreur. Nous ne sommes plus au temps où les femmes artistes étaient une exception peu acceptée. J’ai moi-même animé pendant plus de cinquante ans une galerie d’art à Chexbres. Nous avons exposé plus de 40 artistes femmes. Un peu moins que les hommes, il est vrai, mais le plus souvent à qualité égale. Ne tombons pas dans le piège de la séparation des genres sous le fallacieux prétexte de rétablir un équilibre qui n’existera jamais. Acceptons que dans l’art, seuls le talent et l’engagement profond de l’artiste, qu’il soit homme ou femme, enrichissent notre vie.
Richard Aeschlimann, Chexbres
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