Après ‘Chroniques de Téhéran’, Ali Asgari signe avec ‘Divine Comedy’ une satire acide de la censure du régime des mollahs, de la bureaucratie locale et du cinéma commercial. Le long métrage sorti le 29 avril a remporté le Grand Prix du dernier Festival international du film de Fribourg.
Cinéaste azéro-iranien, Bahram (Bahram Ark) a passé sa carrière à tourner en Azerbaïdjan iranien, dans le nord-ouest du pays, où l’on parle turc – aucun de ses films n’ayant jamais été projetés en Iran. Lorsque son dernier film se voit une nouvelle fois refuser l’autorisation de diffusion par le ministère de la Culture, Bahram décide de monter sur sa Vespa avec sa productrice Sadaf (Sadaf Asgari) pour tenter de trouver une salle à Téhéran qui accepterait de projeter clandestinement son long métrage à un public.
>> A lire aussi : Ali Asgari, réalisateur iranien: « J’ai vraiment de l’espoir en l’avenir »
Avec ‘Divine Comedy’, le réalisateur Ali Asgari s’inspire véritablement de sa propre expérience et de situations réelles en mettant en scène Bahram Ark dans son propre rôle de cinéaste. Le rôle de la productrice est incarné par sa nièce, Sadaf Asgari, actrice interdite de tournage en Iran après avoir joué dans ‘Chroniques de Téhéran’.
Contenu externe
Ce contenu externe ne peut pas être affiché car il est susceptible de collecter des données personnelles. Pour voir ce contenu vous devez autoriser la catégorie Réseaux sociaux.
Accepter Plus d’info
Discours kafkaïen
Après une première scène assez extraordinaire qui montre Bahram face à un ministre de la Culture hors champ énonçant de façon kafkaïenne toutes les raisons pour lesquelles son film ne peut être montré, on suit la quête du cinéaste pour trouver une salle qui projetterait clandestinement son long métrage. La première des trois tentatives se déroule dans un lieu qui projette des comédies plutôt commerciales, bas de gamme, plébiscitées par le public. Le gérant de la salle peine d’ailleurs à comprendre pourquoi Bahram s’échine à proposer un film d’auteur plutôt que du divertissement.
>> A voir, ce sujet du 19h30 consacré à ‘Divine Comedy’ :
Le cinéaste iranien Ali Asgari présente son film « Divine Comedy » en Suisse / 19h30 / 1 min. / le 30 mars 2026
Le film montre une forme de rébellion douce, loin de toute violence, et décrit avec un humour assez décalé tout ce qui ne tourne pas rond dans cette société. Avec ‘Divine Comedy’, Ali Asgari propose un film aux dialogues ciselés, qui trouve parfaitement son rythme, se déployant autour de l’idée du cinéma comme acte de résistance.
mh
‘Divine Comedy’ d’Ali Asgari, avec Bahman Ark, Sadaf Asgari. A voir dans les salles romandes depuis le 29 avril 2026.