Lorsque nous passons la tondeuse à gazon, nous percevons comme un parfum agréable d’herbe fraîchement coupée. En réalité, il s’agit d’un mécanisme de défense des plantes, qui transmettent un signal de danger à leurs voisines et attirent des insectes qui leur sont bénéfiques.
Avec l’arrivée du printemps, la nature s’éveille. Un parfum que beaucoup associent aux beaux jours embaume à nouveau l’air des jardins: celui de l’herbe fraîchement coupée. Cette fragrance provient de composés organiques spécifiques qui jouent un rôle très précis chez les plantes.
On les appelle les substances volatiles des feuilles, ou parfois les composés volatils des feuilles vertes, une dérivation de la terminologie anglaise Green Leaf Volatiles (GLV). Ce sont des molécules que les plantes libèrent principalement lors de dommages mécaniques ou de stress, notamment en contexte d’herbivorie.
Un mécanisme de défense
Ce qui nous paraît être un parfum agréable est donc un véritable signal d’alarme: les plantes voisines le perçoivent et activent leurs mécanismes de défense contre la menace.
Ces substances se répandent rapidement dans l’air en raison de leur volatilité, leur libération augmentant immédiatement après la découpe et diminuant à mesure que les surfaces sèchent.
Il a été démontré que ces composés attirent des insectes prédateurs bénéfiques, qui s’attaquent aux herbivores, contribuant ainsi à protéger la plante lorsqu’elle est mangée par d’autres organismes.
Le cis-3-hexènal
Comme le souligne un article récent du média numérique de vulgarisation scientifique italien Geopop, le mécanisme de production de cette fameuse « odeur verte » est connu depuis un certain temps.
Lors de la tonte de l’herbe, les graisses naturelles présentes dans les feuilles sont transformées par des enzymes en molécules odorantes. Pour l’odorat humain, le composé principalement responsable de ce parfum caractéristique est le cis-3-hexènal, de formule C₆H₁₀O.
Les plantes communiquent-elles?
Toute tentative d’anthropomorphisation de la plante, c’est-à-dire l’hypothèse selon laquelle elle posséderait un odorat ou une « capacité à parler » comme nous, les humains, doit toutefois être prise avec des pincettes.
Les plantes sont capables de capter ces messages chimiques grâce à des cellules de garde spécifiques situées sur les stomates, les pores foliaires responsables des échanges gazeux. Des expériences menées sur des plantes dont les stomates ont été artificiellement fermés n’ont révélé quasiment aucune réaction, prouvant ainsi le rôle essentiel de ces structures.
Les plantes transmettent également des informations par leurs racines, au sein d’un réseau dense appelé « réseau racinaire » ou « internet végétal », où des signaux électriques et chimiques circulent sous terre grâce à l’intermédiaire du mycélium fongique. L’étude des mécanismes de défense des plantes pourrait aussi nous aider à développer des outils naturels plus efficaces pour la protection des cultures.
Pourquoi aimons-nous tant l’odeur de l’herbe fraîchement coupée?
On ignore pourquoi tant de gens apprécient l’odeur de l’herbe coupée. Des études comportementales menées sur des singes ont révélé que l’odeur de ces composés a un effet apaisant en situation de stress.
Au-delà des mécanismes biologiques, l’attrait de ce parfum chez l’humain pourrait reposer sur un facteur plus simple et subjectif: le fait qu’il évoque immédiatement l’été et les sensations agréables qui y sont associées.
Bien que l’effet thérapeutique supposé de ces arômes puisse nous inciter à les utiliser par plaisir, il est conseillé de limiter la fréquence de tonte de notre jardin. Laisser certaines zones de la pelouse pousser librement favorise la biodiversité, en offrant abri et nourriture aux insectes, aux petits animaux et aux micro-organismes. Un petit sacrifice esthétique pour un environnement plus riche et plus vivant.
>> Ecouter la dernière émission Côté Jardin sur RTS Première : Nature, Jardinage, Découverte / Côté jardin / 176 min. / le 26 avril 2026
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Article original: Matteo Martelli RSI, sur la base de l’émission radio Setteventi de Rete Uno du 24 avril
Adaptation française: Julien Furrer (RTS)