La commandante de la police genevoise Monica Bonfanti se prononce dans le 19h30 en faveur de la fermeture partielle des frontières pendant le sommet du G7 à Evian mi-juin. Elle précise que certains points de passage avec la France pourraient ainsi être fermés, en fonction des décisions politiques.
Alors que le Conseil d’Etat genevois a demandé à la Confédération de fermer les frontières, la commandante de la police genevoise se dit favorable à cette option.
« Aujourd’hui, le Conseil fédéral, s’il y a des menaces sur l’ordre public, peut décider d’augmenter le dispositif sécuritaire aux frontières », souligne Monica Bonfanti dans le 19h30. « Cela veut dire essentiellement deux choses: réintroduire le contrôle des personnes aux frontières et également la possibilité de fermer certaines frontières », précise-t-elle.
Il y a actuellement 34 passages de frontières avec la France à Genève, rappelle Monica Bonfanti. « Il est tout à fait possible, suivant les décisions politiques, que pendant la durée du sommet, certains passages de frontières soient fermés », affirme-t-elle.
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Genève sous pression face au G7 à Evian / 19h30 / 2 min. / aujourd’hui à 19:30 Le droit de manifester « peut être limité »
« Le fait de pouvoir manifester est un droit fondamental (…) mais ce droit peut être limité s’il y a des atteintes à la sécurité publique », souligne également Monica Bonfanti, alors que des opposants au sommet revendiquent la possibilité de manifester et qu’ils pourraient le faire dans le canton de Genève. « Dans chaque manifestation, nous (la police) donnons notre préavis, et par la suite le pouvoir politique tranche », explique-t-elle.
Monica Bonfanti ne s’exprime toutefois pas sur la teneur du préavis de la police concernant la manifestation anti-G7. Elle souligne uniquement que ce préavis se basera sur « le potentiel de mobilisation », sur « les capacités d’encadrement » et sur « les menaces qui peuvent peser sur ce rassemblement ».
Monica Bonfanti évoque trois scénarios possibles: une manifestation sous forme de défilé, une manifestation sous forme de rassemblement statique ou alors la manifestation est interdite.
>> Relire : Les anti-G7 manifesteront à Genève le 14 juin avec ou sans autorisation
« En quelque sorte, la police dialogue toujours avec les personnes qui souhaitent organiser une manifestation », répond encore Monica Bonfanti, après les critiques des anti-G7 qui dénoncent justement un manque de dialogue de la part de la police.
>> Revoir à ce sujet :
La coalition No-G7 dénonce un manque de dialogue avec les autorités genevoises / 12h45 / 2 min. / mardi à 12:45 Toutes les polices de Suisse impliquées
Monica Bonfanti décrit aussi dans le 19h30 « les trois volets » dont s’occupe la police en lien avec ce sommet: l’organisation du sommet qui se déroule en France (la police devra acheminer les participants de Genève jusqu’en France), la gestion des protestations et le maintien de la sécurité pour la population qui doit bénéficier des prestations de la police malgré ce sommet.
La police genevoise est entièrement impliquée dans la sécurisation de ce sommet et des tâches annexes et recevra l’aide de toutes les polices de Suisse, précise-t-elle.
Le G8 de 2003 a laissé « des séquelles durables »
Monica Bonfanti souligne encore que plusieurs menaces pèsent sur ce type de sommets: des attaques par des drones, des cyberattaques, le spectre du terrorisme, une augmentation des activités d’espionnage et des problématiques de désinformation et de sabotage.
Le souvenir du G8 en 2003 et des émeutes soulève aussi des inquiétudes à Genève. Cela a laissé « des séquelles durables », selon Monica Bonfanti. Elle conclut: « On veut véritablement montrer au mois de juin que nous sommes présents pour servir et surtout protéger la population. »
Interview TV: Jennifer Covo
Adaptation web: Julie Liardet