Dans le Val d’Anniviers, une faille géologique menace la région d’éboulements et d’inondations. Pour protéger ses réseaux de téléphonie et d’internet, Swisscom détourne le tracé de ses câbles en pleine forêt. Pour les urgences, les autorités misent sur Polycom ou sur la solution controversée de Starlink.
Dans le pire scénario, l’élargissement de la fissure qui est redouté aux alentours de la fin du mois de mai provoquerait un éboulement et même l’inondation du village de Chippis, en plaine. Pour limiter les dégâts, des travaux de protection sont en cours dans le lit de la rivière.
En parallèle, Swisscom revoit l’itinéraire de ses câbles pour sécuriser ses réseaux téléphoniques et internet, car si la faille cède, elle risque de provoquer un éboulement qui les mettrait hors services. C’est la première fois en Suisse romande que l’opérateur tente d’anticiper une catastrophe naturelle.
S’il y a une coupure sur ces réseaux, toute la vallée sera dans le noir: plus de téléphone, plus de numéro d’urgence, plus rien du tout
Nicolas Michel, responsable du réseau valaisan chez Swisscom
La solution qui a été trouvée est de tirer un câble de 1,5 kilomètre à travers une forêt en forte pente.
Le réseau souterrain menacé
« Dépanner un câble qui est souterrain sous trois ou quatre mètres de roche, ce n’est pas évident », souligne Nicolas Michel, responsable du réseau valaisan chez Swisscom, au micro de La Matinale.
Or, toute l’infrastructure réseau du Val d’Anniviers passe par la fibre optique que tente de protéger l’opérateur. « S’il y a une coupure sur ces réseaux-là, toute la vallée sera dans le noir: plus de téléphone, plus de numéro d’urgence, plus rien du tout », décrit le responsable.
>> Ecouter le reportage de La Matinale : Ici la Suisse – Swisscom tente d’anticiper une catastrophe naturelle dans le Val d’Anniviers / Ici la Suisse / 3 min. / jeudi à 06:50 Pylône électrique aussi
Le réseau souterrain n’est pas le seul menacé. La faille pourrait aussi faire tomber le pylône électrique situé de l’autre côté de la rivière. Mais Nicolas Michel estime qu’il y a « relativement peu de chance que ça arrive, vu toute la protection qui a été mise ». Il montre un mur construit pour protéger le pylône des pierres et des troncs d’arbres. « Il vaut mieux prévenir les accidents avant qu’ils n’arrivent », dit-il.
Une génératrice diesel a donc déjà été installée, en prévision de la catastrophe. Elle se trouve dans une remorque, devant le central téléphonique du Val d’Anniviers pour lui fournir l’électricité en cas de panne. La génératrice a une autonomie de six heures.
Les clients des autres opérateurs bénéficient aussi des travaux entrepris par Swisscom puisque l’entreprise, en main de la Confédération, loue son infrastructure à ses concurrents.
De quoi assurer les communications de crise, si la rupture de la faille devait provoquer effectivement la catastrophe tant redoutée.
Romain Carrupt/juma