Il y a d’abord la route. Longue, éprouvante, pas toujours bien entretenue et marquée par de nombreux accidents. Sur le trajet de 465 kilomètres qui relie Dakar à Tambacounda, à l’est du Sénégal, le temps semble parfois s’étirer. «Le voyage dure entre huit et neuf heures, il faut s’y préparer physiquement et mentalement», relate Clara Watt, photographe canado-sénégalaise née à Genève il y a trente ans.
Lorsqu’elle retourne à Tambacounda en 2018, Clara s’apprête à affronter l’ennui, emportant de quoi s’occuper. «Contre toute attente, j’ai passé l’entier du chemin à regarder par la fenêtre. J’ai été complètement hypnotisée par cette forme de pèlerinage, le retour aux sources de mon père dans sa ville natale.»