Le chef de file de l’expressionnisme allemand laisse derrière lui une impressionnante œuvre de six décennies de carrière, mettant en lumière les zones d’ombres de l’histoire de son pays natal.
Alors que les derniers préparatifs étaient en cours pour sa prochaine grande exposition « Eroi d’Oro » à la Fondazione Giorgio Cini à Venise, où sont présentées du 6 mai au 27 septembre ses toutes dernières toiles – d’immenses autoportraits et portraits lumineux, teintés de feuilles d’or, du peintre et de son épouse Elke – la galerie Thaddaeus Ropac a annoncé, jeudi 30 avril, la disparition de Baselitz à l’âge de 88 ans. Prolifique malgré le grand âge et la fragile santé, il a continué à travailler, aidé de déambulateurs, chariots, cannes, chaises, pinceaux et couteaux à palette plus longs, jusqu’à sa mort. Né Hans-Georg Kern le 23 janvier 1938 à Deutschbaselitz, un village situé à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Dresde, dont il tirera son nom d’artiste pendant ses études d’art, Baselitz grandit au milieu des ruines du Troisième Reich. Son père, Johannes Kern, est instituteur et, comme l’exigeait la loi, adhère au parti nazi. À la sortie de la guerre, le gouvernement…