Les webcams fleurissent un peu partout en Suisse, générant des dizaines de milliers de vues, mais elles ne respectent pas forcément la protection de la personnalité. Après des plaintes, le Valais a mandaté une analyse et le résultat est sans appel: la quasi-totalité des caméras sont non conformes.

Selon un contrôle effectué l’an dernier par le préposé valaisan à la protection des données, sur 66 webcams analysées en Valais, seules 2 étaient conformes.

A Verbier, la webcam du rondpoint au centre-ville enregistrait 175’000 vues par année. Mais ces images n’étaient pas conformes à la loi sur la protection des données. Elles ne sont plus disponibles en ligne.

« On ne devait pas pouvoir reconnaître les gens, que ce soit au niveau de leur visage, de leur habillement ou de leur habitude, comme promener un chien », précise dans le 19h30 Simon Wiget, le directeur de Verbier Tourisme. Pour les véhicules, il fallait « flouter les plaques » et pour les hôtels et bars des alentours, « on ne devait pas pouvoir reconnaître les gens qui étaient potentiellement à la fenêtre ».

Pas question non plus de mettre un coup de projecteur sur les jardins d’enfants ou sur des parkings, même si les gens sont floutés et les véhicules pixelisés, selon les règles du préposé fédéral à la protection des données, qui a publié une fiche informative.

A Verbier, la webcam du rondpoint au centre-ville enregistrait 175'000 vues par année. Mais ces images n'étaient pas conformes à la loi sur la protection des données [RTS] A Verbier, la webcam du rondpoint au centre-ville enregistrait 175’000 vues par année. Mais ces images n’étaient pas conformes à la loi sur la protection des données [RTS] Filmer plutôt la nature

« Dès qu’on s’est rendu compte de la problématique, il fallait protéger l’anonymat des gens », souligne Laila Cheseaux Baudat, la présidente de la commune de Leytron. La station d’Ovronnaz fait partie du territoire communal et présente justement des lieux sensibles: les pistes de ski, les bains thermaux ou les terrasses.

« On a pris une entreprise spécialisée pour vérifier et contrôler régulièrement qu’on soit conforme », indique Laila Cheseaux Baudat. Aujourd’hui, les webcams d’Ovronnaz proposent des images de nature, avec si possible personne de visible.

Surprise pour le préposé cantonal à la protection des données

Le canton a mené cette vaste enquête l’an dernier, à la suite de plaintes. Il a passé à la loupe les webcams d’une dizaine de communes valaisannes.

« On s’attendait à ce qu’il y ait un grand nombre de webcams qui ne soient pas en conformité, mais pas autant », réagit le préposé cantonal valaisan à la protection des données Loris Loat.

Le préposé peut fournir des recommandations aux communes, mais pas donner d’amendes. Si les communes ne suivent pas ces recommandations, Loris Loat peut saisir la commission de protection des données, qui peut elle rendre une décision assortie d’une amende.

Sujet TV: Flore Dussey

Adaptation web: Julie Liardet