Baskets, sacs, survêtements ou parfums, les jeunes avouent aujourd’hui sans détours qu’ils portent très souvent des articles de contrefaçons malgré les risques d’amende que cela comporte.

« En tant que jeunes, ça nous permet d’acheter des habits moins chers tout en étant à la mode », résume un collégien genevois dimanche dans le 19h30. Une autre abonde: autant payer moins cher pour un logo semblable.

« Au collège, on en voit qui en vendent sur les réseaux sociaux. Ils mettent des stories avec des dupes (ndlr contrefaçons, raccourci de l’anglais duplicata) », indique une autre adolescente.

50 francs au lieu de 820 francs

Les copies ressemblent à s’y méprendre aux originaux. Un élève interrogé par la RTS décrypte des baskets contrefaites arborant un logo Prada. Elles coûtent 50 francs contre 820 francs pour le modèle original vendu par la marque. Mais il y a quelques différences: le blanc devient gris sur le faux modèle et les coutures au niveau de la marque sont mal faites.

Sur TikTok et Instagram, acheter de la contrefaçon, est un jeu d’enfant. Le hashtag #dupe renvoie vers des centaines de milliers d’annonces. La RTS a tenté d’échanger avec les influenceurs qui en font la promotion, mais a été bannie de la plateforme en quelques minutes.

Surtout de Chine

Selon l’association Stop à la piraterie, 95% des produits viendraient de Chine. A la douane, la contrefaçon est donc noyée par les millions de petits colis achetés sur Shein et Temu.

Il faut remonter à la source pour éviter que cette contrefaçon n’arrive en Suisse, estime la cheffe de la division juridique de la Fédération horlogère suisse Carole Aubert. « On va identifier les plus gros vendeurs, on va faire des achats test pour pouvoir identifier quel canal logistique est utilisé. Ensuite, nos experts horlogers vont examiner les produits physiquement pour déterminer de quel atelier de production cela provient », indique-t-elle dans le 19h30.

L’achat d’articles de contrefaçon est illégal. Mais en Suisse, il est rarement suivi de sanction pénale. Seuls les frais de destruction estimés à quelques centaines de francs sont généralement exigés. Pourtant, le commerce de produits contrefaits ferait perdre à la Suisse près de 4 milliards de francs chaque année.

Sujet TV: Charlotte Onfroy-Barrier

Adaptation web: Julie Liardet