La Fender Precision Bass, première basse électrique moderne, célèbre ses 75 ans cette année. Retour sur l’histoire de cet instrument emblématique avec les témoignages des bassistes romands Marcello Giuliani, Cléa Pellaton et Massimo Pinca, qui partagent leur passion pour cet outil révolutionnaire.
La basse électrique, telle que nous la connaissons aujourd’hui, est née en 1951 grâce à l’ingéniosité de Leo Fender. Avec sa Precision Bass, il a résolu un problème majeur: amplifier les sons graves des contrebasses dans les orchestres et les groupes. Les contrebassistes, comme les guitaristes, se retrouvent à jouer avec un instrument plus léger, plus précis, plus facile à transporter, à amplifier, à jouer.
« Leo Fender voulait créer un instrument qui soit plus précis que la contrebasse traditionnelle, avec des frettes pour garantir une justesse parfaite », explique dans l’émission L’Echo des pavanes du 24 avril Marcello Giuliani, bassiste romand de renom, connu pour ses collaborations avec Henri Salvador, Erik Truffaz, Etienne Daho ou Vanessa Paradis. « Il a permis aux musiciens de jouer plus fort, d’accompagner des batteries et de révolutionner des genres comme le rock’n’roll et le R’n’B. »
Une révolution musicale
Avant l’invention de la guitare basse électrique, les contrebassistes peinaient à se faire entendre face aux autres instruments. Avec l’arrivée de la Precision Bass, tout a changé. Dotée de frettes et d’un corps solide, elle permettait une meilleure justesse et un volume sonore accru grâce à l’amplification. Cette innovation a ouvert la voie à de nouveaux styles musicaux, notamment la soul et le funk. Des figures emblématiques comme James Jamerson de la Motown ou Jaco Pastorius ont marqué l’histoire de cet instrument par leurs lignes de basse révolutionnaires.
Pour Massimo Pinca, bassiste et enseignant au Conservatoire populaire de musique de Genève, la basse électrique a été une révélation: « J’ai commencé à jouer par hasard, lorsque le bassiste de notre groupe de rock était absent. Il avait laissé sa basse, une Weston violette, et on m’a proposé d’essayer. Dès les premières notes, j’ai ressenti une vibration physique, presque sensuelle. J’ai su que c’était cet instrument que je voulais jouer. »
Une passion pour les fréquences graves
Cléa Pellaton, bassiste formée à la Haute École de musique de Lausanne, partage cet amour pour les graves: « Depuis toute petite, j’ai toujours été attirée par les fréquences graves. Quand j’ai commencé à écouter du rock, c’était évident pour moi que c’était la basse électrique qui me correspondait. » Pourtant, son parcours n’a pas été sans embûches. « J’avais 14 ou 15 ans quand j’ai eu envie de jouer, mais je pensais que j’étais trop vieille pour commencer un instrument. J’ai attendu d’avoir un petit job pour pouvoir m’offrir des cours, et aujourd’hui, je suis bassiste professionnelle », se souvient-elle.
Malgré les nombreuses innovations dans la lutherie musicale, la Fender Precision Bass reste une référence incontournable. « Ce qui m’étonne toujours, c’est que l’instrument n’a presque pas changé depuis sa création, s’émerveille Cléa Pellaton. On revient toujours à ce modèle, car il est simplement parfait. » Massimo Pinca partage cet avis: « Fender a trouvé la formule magique dès le début. »
Pour autant, les bassistes ne se limitent pas à un seul modèle. « J’adore ma Fender, mais j’aime explorer d’autres sons, précise ainsi Cléa Pellaton. Parfois, j’ai besoin d’un son différent pour m’inspirer et élargir mes horizons. » Massimo Pinca, quant à lui, utilise son instrument pour expérimenter avec des pédales d’effets et même piloter des synthétiseurs.
Une icône intemporelle
La Fender Precision Bass a ainsi marqué des générations de musiciens et continue de séduire. « Cet instrument a transformé la musique moderne, souligne Marcello Giuliani. Des artistes comme Marcus Miller, Paul McCartney ou Jaco Pastorius ont repoussé les limites de ce que l’on pouvait faire avec une basse. »
Contenu externe
Ce contenu externe ne peut pas être affiché car il est susceptible de collecter des données personnelles. Pour voir ce contenu vous devez autoriser la catégorie Réseaux sociaux.
Accepter Plus d’info
Pour les amateurs et amatrices souhaitant découvrir les grands noms de la basse électrique, Marcello Giuliani recommande d’écouter des albums comme ‘What’s Going On’ de Marvin Gaye ou les productions de Chic: « Chaque ligne de basse est un enchantement. »
Alors que la guitare basse Fender souffle ses 75 bougies, son héritage reste donc bien intact. Et cet instrument continue d’être un pilier de la musique contemporaine.
Propos recueillis par Benoît Perrier et Ivor Malherbe
Adaptation web: olhor