PETZI, la fédération des clubs de musique et festivals suisses à but non lucratif qui représente plus de 200 acteurs, a récemment publié un manifeste sur la situation précaire de la scène live. Face à un écosystème fragilisé, il préconise une série de pistes de solution pour en consolider les bases.
Le rapport d’une trentaine de pages publié par PETZI s’intitule ‘Les musiques actuelles en Suisse, comment en consolider les bases’. Il sort à l’occasion des 30 ans de la fédération des clubs de musique et festivals suisses à but non lucratif et constitue le point de départ d’une campagne plus large à venir. Le manifeste appelle à une réforme urgente face à un écosystème fragilisé qui fait face à une crise structurelle entre explosions des coûts, modèles d’aides dépassés et précarité sociale.
Reprenant en partie les éléments d’une étude publiée fin 2022 sur le manque de soutiens publics des musiques actuelles en Suisse romande, le document pointe ainsi autant les lacunes de financement que les conditions de travail intenables, les espaces qui disparaissent et une réalité politique qui ne rend souvent pas justice à la valeur culturelle, sociale et économique de cette scène.
Quatre axes majeurs
Pour consolider les bases des musiques actuelles en Suisse, PETZI préconise donc plusieurs « pistes de solution » articulées autour de quatre axes majeurs.
Le premier axe est le soutien financier et structurel qui devrait passer par un financement pérenne. Il s’agit de privilégier des subventions de fonctionnement pluriannuelles aux soutiens ponctuels par « projets » actuels. Il faudrait aussi instaurer un prélèvement solidaire sur les billets des grands événements lucratifs pour financer les petites scènes, ainsi qu’obliger les plateformes de streaming à réinvestir une part de leurs revenus dans la création locale – à l’image de la ‘Lex Netflix’ pour le cinéma.
Le deuxième axe tient à la reconnaissance politique et légale. Et qui passerait entre autres par une loi nationale sur l’encouragement de la musique, là encore à l’image de celle pour le cinéma. Il faudrait également reconnaître les clubs et festivals comme des institutions culturelles majeures, au même titre que les opéras ou théâtres. Enfin, il s’agirait d’alléger les procédures de demande de fonds et de reddition de comptes.
Protection sociale et aménagement
Le troisième volet concerne la protection sociale et humaine, avec par exemple un renforcement de la couverture des travailleurs (souvent précaires) et garantir des rémunérations équitables. Tout en soutenant le bénévolat, mais sans qu’il devienne une béquille pour pallier le manque de fonds structurels.
Le quatrième et dernier axe évoque l’aménagement et l’espace public, en inscrivant les lieux culturels dans le droit de l’aménagement pour éviter les fermetures liées aux plaintes de voisinage.
Olivier Horner