Le manque de places en foyer contraint certains cantons à des solutions inadaptées. À Genève, jusqu’à 20 mineurs par mois dorment à l’hôpital. À Fribourg, 70 enfants en danger attendent une place. Le témoignage de Loren dans le podcast « Nous autres » illustre ces défaillances du système.

À 17 ans, Loren et ses quatre frères et sœurs se sont retrouvés à la rue après avoir été mis à la porte par leur mère. « La protection des mineurs remettait toujours en cause ce qu’on disait, même qu’ils prenaient ça un peu comme des caprices d’adolescence », raconte-t-elle dans le podcast « Nous autres » de Pierre Bavaud.

Placée dans un foyer d’urgence à Bienne, elle décrit des conditions difficiles. « On vit de manière un peu sauvage, on est un petit peu laissés à nous-même », témoigne-t-elle. Elle évoque aussi des éducateurs qui « dépassent un petit peu les bornes au niveau de notre intimité ».

Des solutions inadaptées face à la saturation

Aujourd’hui, Loren a 24 ans et sept ans après les faits, la situation reste préoccupante. Les foyers débordent un peu partout en Suisse romande. À Genève, 10 à 20 mineurs par mois sont contraints de dormir à l’hôpital. Une solution qui coûte deux à trois fois plus cher qu’une place en foyer et qui est inadaptée aux besoins de ces enfants.

À Fribourg, on refuse cette option. « On trouve que les enfants qui ont des besoins de protection n’ont pas leur place dans un hôpital. C’est peut-être aussi quelque part maltraitant », explique Estelle Papaux, cheffe du service de l’enfance et de la jeunesse du canton.

>> Écouter le podcast de « Nous autres » : Loren : remplacer une mère, à 12 ans / Nous autres / 27 min. / le 25 avril 2026 Septante enfants en attente à Fribourg

Le canton de Fribourg compte actuellement 70 enfants en attente d’une place en foyer. « Ces enfants sont en danger, soit dans leur développement physique ou psychique », précise Estelle Papaux.

Face au manque de places, les autorités doivent faire des choix. « On fait une priorisation des risques. On prend actuellement des risques sur 70 enfants », reconnaît-elle. En moyenne, dans chaque canton, 4 à 6% de la population enfantine est suivie par une autorité de protection. Le placement en foyer reste la dernière solution et ne concerne qu’une petite partie de ces enfants.

Pour combler le manque de places, plusieurs cantons se tournent vers les familles d’accueil. À Genève , elles sont progressivement professionnalisées. Vaud a mené une campagne de recrutement, mais n’a pas atteint son objectif de 50 familles supplémentaires. À Fribourg aussi, les familles d’accueil se raréfient, souvent pour des raisons financières.

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Sujet radio: Célia Bertholet

Adaptation web: Aydïn Mobarrez