Dans un contexte marqué par la multiplication des sollicitations – qu’elles soient médiatiques, commerciales ou sociales – les comportements des consommateurs évoluent vers davantage de tri, de sélection et de recentrage. Face à l’accélération des usages numériques, aux transformations sociétales et aux injonctions multiples, une partie croissante de la population semble rechercher des repères plus stables et des choix plus maîtrisés.

C’est ce que met en lumière la dernière vague de l’étude TGI France publiée par Kantar Media. À travers l’analyse fine des attitudes, des usages et des perceptions, cette édition d’avril 2026 dessine le portrait de Français en quête de sens, privilégiant l’essentiel – qu’il s’agisse de leur rapport à la consommation, aux médias ou à leur environnement.

jupdlc-etude-tgi-2026-marche-consommation-kantar-mediajupdlc-etude-tgi-2026-marche-consommation-kantar-mediaCrédit photo : Kantar Media

 

Des Français en quête de sens et de simplicité

Cette nouvelle vague d’avril 2026 met en lumière des Français qui privilégient l’essentiel :
à savoir eux-mêmes, des liens sincères et une vie plus simple. Saturés par les réseaux sociaux, déroutés par la transition électrique et les normes de beauté, ils aspirent à plus de sens. Kantar Media dévoile cette semaine des insights clés issus de la dernière vague de son étude TGI France, qui met en avant les opinions, centres d’intérêt, habitudes de consommation et l’exposition aux médias de 15 000 individus représentatifs de la population française de 15 ans et plus. Grâce à l’analyse de plus de 60 000 variables, cette étude offre aux annonceurs, agences et médias des solutions précises pour identifier, cibler et engager efficacement leurs audiences.
Ces nouvelles variables montrent que les individus arbitrent leurs choix, qu’il s’agisse d’eux-mêmes, des autres, de la consommation ou des médias.

 

La radio : toujours premier prescripteur musical

Dans un écosystème musical saturé de playlists algorithmiques et de recommandations sociales, la radio reste la première source de découverte musicale pour les Français : 54% d’entre eux découvrent la musique en l’écoutant à la radio, loin devant l’écoute de musique dans un cadre familial ou amical (27%), la musique dans les films et séries (24%) ou les playlists des plateformes de streaming (22%).

Ce résultat, qui peut surprendre à l’ère du tout-numérique, révèle en réalité une préférence pour une sélection éditoriale par des professionnels. Les Français ne veulent pas seulement de la musique : ils veulent qu’on leur en raconte l’histoire. La radio, avec ses animateurs, son ancrage local et son flux en temps réel, répond à ce besoin mieux que n’importe quel algorithme. Pour les régies et les marques présentes sur ce média, c’est une légitimité confirmée dans les moments d’attention active.

jupdlc-radio-kantar-mediajupdlc-radio-kantar-mediaCrédit photo : Gayatri Pandkar / Unsplash

 

La beauté : le bien-être personnel s’impose, l’influence sociale recule

Les motivations derrière les soins d’apparence révèlent une évolution des mentalités. Pour les hommes et les femmes, l’usage de produits de beauté est motivé en priorité par l’envie d’être bien dans sa peau (59% chez les femmes, 47% chez les hommes), devant toute logique de séduction (14%), d’image sociale (18%) ou de jeunesse préservée (15%). La beauté ne se montre plus, elle se vit et se cultive.

Donnée particulièrement parlante pour les annonceurs du secteur : 59% des femmes et 61% des hommes déclarent ne pas se laisser influencer par les recommandations spontanées d’autres utilisateurs sur les réseaux sociaux dans leurs décisions d’achat beauté.

Ce recul de la prescription informelle, pourtant souvent perçue comme plus authentique, interroge directement l’efficacité des stratégies d’influence qui s’en inspirent ou s’y adossent. Il souligne une attente plus exigeante : authenticité réelle, expertise et preuves tangibles priment désormais sur la simple viralité.

 

Un besoin vital de nature : 59% des Français ressentent le manque

Parmi les nouvelles variables explorées dans la section « Façon de vivre », un chiffre frappe : 59% des Français ressentent un besoin vital d’être en contact avec la nature. Ce n’est pas une aspiration accessoire, mais un manque formulé de manière presque organique, comme si la relation au vivant participait d’un équilibre de fond.

Cette lecture s’inscrit dans un contexte plus large de fragilité émotionnelle : 45% déclarent se sentir souvent seul(e), 58% estiment que parler de santé mentale reste tabou, et 41% affirment se sentir souvent submergé(e) par leurs émotions. Ensemble, ces signaux dessinent une même attente de recentrage, de réassurance et de reconnexion à soi.

En parallèle, 42% déclarent prendre soin de leur flore intestinale pour améliorer leur bien-être et leur santé. Le corps, l’équilibre psychique et l’environnement naturel semblent former un tout : les Français intègrent une vision profondément holistique de la santé.

Pour les marques des secteurs alimentaire, cosmétique, outdoor ou santé, le message est clair : le « naturel » n’est plus seulement un argument de différenciation, mais une réponse à un besoin de fond. Les marques les plus crédibles seront celles qui sauront incarner cette proximité avec le vivant, sans sur-promesse ni artifice.

 

Automobile : entre désir de simplicité et frein à l’électrique

Les opinions sur l’automobile dessinent un consommateur pragmatique, voire nostalgique de la simplicité. 68% des Français aimeraient que l’on revienne à des voitures plus simples et abordables ; un plébiscite qui résonne comme un signal envoyé aux constructeurs engagés dans une course aux technologies embarquées. Dans le même temps, 62% estiment que la recharge d’une voiture électrique est encore trop longue et contraignante, ce qui freine une transition qui reste largement désirée en théorie.

La nouvelle vague TGI enrichit également la donnée avec une segmentation inédite des types de SUV possédés (urbain, compact, grand format) et des équipements de sécurité disponibles à bord. Ces variables permettent aux acteurs de l’automobile, constructeurs, assureurs, équipementiers, de cibler avec une précision inégalée les profils les plus pertinents pour leurs messages.

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L’attention publicitaire : le cinéma et la TV résistent, les réseaux peinent à convaincre

L’étude apporte un éclairage précieux sur le sponsoring publicitaire : si 44% des Français déclarent ne pas y faire attention quel que soit le support, les médias ne sont pas tous logés à la même enseigne. La télévision (21%) et le cinéma (20%) captent le plus d’attention publicitaire consciente, confirmant la puissance de l’image dans un cadre d’écoute active. Les réseaux sociaux (17%) et les plateformes vidéo gratuites (11%) s’inscrivent dans un contexte de consommation plus rapide, moins propice à la mémorisation publicitaire.

Ces données invitent les marques à repenser leur mix média en ne se limitant plus à la portée ou au coût, mais en intégrant davantage l’attention réellement captée, désormais considérée comme un critère clé de l’efficacité publicitaire.

 

IA générative : des usages encore très pragmatiques

Parmi les utilisateurs d’IA générative au cours des 12 derniers mois, les usages sont révélateurs d’un rapport pragmatique à la technologie : 47% l’utilisent pour répondre à des questions pratiques du quotidien, 30% pour des questions scolaires ou professionnelles, et 20% pour préparer et comparer avant un achat. La création de contenus pour les réseaux sociaux et la programmation ne représentent chacune que 9%.

L’IA s’impose avant tout comme un outil de recherche augmentée, pas encore comme une machine créative. Ce positionnement a des implications directes pour les médias et les plateformes de contenu : face à la montée des assistants IA sur les requêtes d’information, la valeur des contenus de marque reposera davantage sur l’émotion, le storytelling et le lien avec les communautés.