Le fabricant de machines à coudre Bernina délocalise ce qui restait de sa production suisse en Thaïlande. L’entreprise basée à Steckborn, en Thurgovie, l’a confirmé à l’issue de la procédure de consultation avec les représentants du personnel. Au total, 25 salariés perdent leur emploi.
La nouvelle était attendue. Bernina avait communiqué à la mi-janvier songer à déménager sa dernière ligne de production des bords du lac de Constance vers son usine thaïlandaise, ouverte en 1990. L’entreprise indiquait alors que le plan social pourrait concerner jusqu’à 40 personnes.
Les négociations entre la direction et les représentants du personnel ont duré une semaine de plus que prévu. Finalement, 27 employés sont concernés par cette restructuration, indique Bernina dans son communiqué publié mercredi à l’issue de la consultation.
Deux personnes font l’objet de solutions internes. Les 25 autres sont licenciées. Elles seront soutenues dans leur recherche d’un nouvel emploi, assure la société.
Des difficultés sur le marché américain
Le centre logistique pour les pièces détachées et les accessoires ainsi que le département de recherche et développement, entre autres, sont maintenus au siège historique de Steckborn. Un peu plus de 300 personnes restent employées sur place.
Mais la société, en mains d’une même famille depuis sa création en 1893, ne fabriquera plus aucune marchandise sur son site thurgovien. En réalité, le « made in Switzerland » ne représente aujourd’hui qu’une fraction de son catalogue, dont le logo n’arbore d’ailleurs plus la croix suisse depuis 2013.
Dernier modèle à sortir de l’usine alémanique, la Bernina 990, une machine à broder, sera assemblée en Thaïlande à partir de mai. Idem pour certaines pièces produites aujourd’hui encore dans notre pays.
Des machines à coudre Bernina B 990 en attente du contrôle final, dans l’usine de Steckborn, le 7 juin 2024. [© KEYSTONE / GAETAN BALLY – GAETAN BALLY]
En délocalisant, Bernina espère faire des économies. L’entreprise dit subir les conséquences de l’appréciation du franc par rapport au dollar et de la politique commerciale protectionniste de la Maison Blanche.
Le fabricant réalise près de trois quarts de son chiffre d’affaires aux Etats-Unis.
Antoine Michel