L’épisode d’hantavirus qui a fait trois morts sur un bateau de croisière néerlandais présente un « faible risque » de propagation, a estimé lundi le directeur régional de l’OMS Europe. Les Canaries sont envisagées pour débarquer les 149 personnes encore à bord.
« Le risque pour l’ensemble du public demeure faible. Il n’y a aucune raison de céder à la panique ni d’imposer des restrictions de voyage », a jugé Hans Kluge, le directeur régional de l’OMS Europe, soulignant que les infections à hantavirus étaient rares, généralement liées à l’exposition à des rongeurs infectés et ne se transmettaient « pas facilement entre personnes » [lire aussi l’encadré].
Hans Kluge a également souligné que l’OMS Europe collaborait avec les pays concernés afin de soutenir la prise en charge médicale, l’évacuation et les investigations. L’organisation agit « avec urgence », a-t-il précisé.
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Un hantavirus serait à l’origine de la mort de trois passagers d’un bateau de croisière: interview de Pauline Vetter / Forum / 4 min. / aujourd’hui à 18:00
« Il y a peu de transmission interhumaine », a également rassuré Pauline Vetter, infectiologue aux Hôpitaux universitaires genevois, invitée dans Forum lundi soir. La spécialiste précise que l’hantavirus est « une famille de virus » et qu’on ne sait pas encore aujourd’hui quel virus précis de cette famille est à l’origine du possible foyer infectieux sur le navire de croisière.
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Un cas d’hantavirus confirmé
L’OMS, dans ses premières communications dimanche, avait indiqué qu’un cas d’infection par l’hantavirus avait été confirmé et qu’il y avait « cinq autres cas suspects ».
« Bien que rare, l’hantavirus peut se transmettre d’une personne à l’autre et entraîner des maladies respiratoires graves. Il nécessite une surveillance attentive des patients, un soutien et une prise en charge appropriés », avait-elle précisé.
Il n’est pas encore établi si le virus était à l’origine des trois décès, a communiqué pour sa part le croisiériste néerlandais Oceanwide Expeditions. Et aucun cas d’hantavirus n’a été confirmé chez deux passagers présentant des symptômes requérant encore des soins à bord du navire, a-t-il précisé. « La cause exacte et tout lien éventuel font l’objet d’une enquête », a encore déclaré l’entreprise.
Débarquement aux Canaries ?
« L’option de poursuivre la navigation vers Las Palmas ou Tenerife (îles Canaries) est envisagée comme porte d’entrée pour le débarquement, où des contrôles médicaux supplémentaires et la prise en charge pourraient avoir lieu », a indiqué le croisiériste, précisant que 149 personnes sont actuellement à bord.
« Des mesures de précaution strictes sont en cours à bord, notamment des mesures d’isolement, des protocoles d’hygiène et une surveillance médicale », a assuré Oceanwide Expeditions.
lia avec afp