Traiter tôt pour éviter les atteintes irréversibles

L’asthme ne peut pas être guéri mais il peut être bien traité à l’aide de médicaments, principalement des corticoïdes inhalés, des bronchodilatateurs…

« Plus tôt administre un traitement adapté, moins lourdes sont les conséquences. Je vois arriver en consultation des patients 10 à 15 ans après l’apparition des premiers symptômes. Faute d’avoir reçu un traitement précoce adapté, ils présentent une atteinte irréversible au niveau des bronches qui diminue leur fonction respiratoire », explique Angelica Tiotiu, professeure de pneumologie aux Cliniques universitaires Saint-Luc.

L’asthme sévère, qui concerne moins de 4% des personnes en Europe, est traité à l’aide de biothérapies qui agissent sur la cascade inflammatoire de l’asthme et freine l’évolution de la maladie. Sur les 27 500 décès annuels causés par des maladies pulmonaires, 143 sont dus à l’asthme.

20% d’hospitalisations en plus

La prévention de l’asthme dépasse largement les recommandations habituelles liées au mode de vie (excepté le tabagisme). Les données collectées par Sciensano montrent que les hospitalisations augmentent jusqu’à 20% les jours à forte concentration de particules fines et d’oxyde d’azote.

Ce mardi, à l’initiative du groupe de travail « Asthme et Allergie » de la BeRS, une conférence réunit à Bruxelles plusieurs experts, des patients et des représentants du monde politique. « L’objectif est de sensibiliser à la fois le personnel médical, le grand public, les patients et les responsables politiques à la nécessité de prendre des mesures. L’impact de la pollution de l’air est là sur toutes les maladies respiratoires que ce soient les maladies obstructives, que ce soit la fibrose pulmonaire… Quand le pic de pollution est très important, cela peut entraîner des modifications épigénétiques qui prédisposent au cancer du poumon. Les mesures de prévention doivent se prendre à l’échelle de l’individu mais aussi au niveau des villes, des communautés et aussi au niveau national et international », explique le Pr Angelica Tiotiu, présidente du groupe de travail « Asthme et Allergie ».

Protéger les femmes enceintes

Les pneumologues appellent non seulement les responsables politiques à mettre en place des mesures permettant de diminuer les émissions polluantes au niveau du trafic, mais aussi à instaurer des monitorings de la qualité de l’air dans les écoles  » pour protéger les plus jeunes et préserver leur santé « .

« Le risque d’avoir de l’asthme dans l’enfance et même jusqu’à l’âge de 20 ans augmente si les mamans ont été exposées à des polluants atmosphériques et à la fumée de cigarette pendant leur grossesse ou bien si l’enfant l’a été au cours de ses deux premières années de vie », explique le Dr Angelica Tiotiu.

L’impact de la pollution atmosphérique sur le cancer

Le Pr Cataldo de l’ULiège rappellera lors de la conférence que les mesures concernant le trafic jouent un rôle pour la diminution de la pollution extérieure. Il y a moins d’hospitalisations pour des crises d’asthme dans les zones où l’émission de particules fines a été réduite. « Il est important de mettre en place des normes pour réduire cette pollution et qu’elles soient respectées », insiste le Pr Tiotiu.

Tests respiratoires gratuits

Plusieurs hôpitaux du pays se mobilisent pour informer la population des symptômes et des risques de l’asthme.

La Clinique de l’asthme et des maladies allergiques de l’hôpital Erasme à Bruxelles, le 5 mai de 9h30 à 17 h: stand d’information et tests (spirométrie et mesure du NO exhalé) pour détecter une éventuelle obstruction bronchique ou une inflammation bronchique.

CHU UCL Namur, site de Godinne, le 12 mai : stand de sensibilisation, test respiratoire (spirométrie), mesure de l’inflammation bronchique et exploration virtuelle des bronches.