La Comédie de Genève affiche complet durant trois jours jusqu’au 14 février pour la pièce « Café Müller » de la chorégraphe allemande Pina Bausch. Un spectacle qui a traversé les époques depuis sa création à la fin des années 1970.
A l’occasion de la Saint-Valentin, la Comédie de Genève propose jusqu’à dimanche un triptyque artistique nommé « Club Amour »: « trois pièces pour raconter le désir, trois manières d’écrire le rapprochement et l’éloignement des corps », indique l’institution genevoise sur son site internet.
Le public découvre ainsi en une seule soirée deux pièces du chorégraphe et danseur français Boris Charmatz (qui a lui-même dirigé durant trois saisons le Tanztheater Wuppertal Pina Bausch), « Aatt enen tionon » et « herses », ainsi que « Café Müller » de la chorégraphe Pina Bausch (1940-2009). Créée en 1978, cette pièce demeure d’une actualité troublante. On y voit des humains perdus, désorientés, qui ne parviennent plus à se rencontrer, ni à communiquer.
Une collection d’histoires
Pour l’élaborer, la chorégraphe allemande avait invité à l’époque ses danseurs et danseuses à un voyage. « Nous avons pu travailler ensemble, à hauteur d’yeux, avec Pina Bausch. Elle nous posait des questions, elle nous a indiqué un chemin et elle nous a donné la possibilité d’apporter nos réponses, nos propositions, nos idées. Et avec cette incroyable collection d’histoires, elle a composé et chorégraphié la pièce », raconte dans le 19h30 du 12 février Barbara Kaufmann, ancienne ballerine aujourd’hui directrice des répétitions du Tanztheater Wuppertal Pina Bausch.
>> A voir, le sujet du 19h30 consacré à « Café Müller » :
Café Müller : une pièce dansée, de Pina Bausch, sur la difficulté à communiquer / 19h30 / 2 min. / hier à 19:30
En présentant notre humanité si déconcertante, « Café Müller » met en avant sur la musique d’Henry Purcell la solitude et toute la fragilité de la condition humaine. Les couples s’enlacent, mais se perdent dans des mouvements désarticulés, ne parvenant plus à échanger.
Nos comportements questionnés
« Dans tout son travail, Pina Bausch s’interroge sur l’humanité profonde. Elle va voir dans toute notre étrangeté, dans notre férocité, dans notre profonde capacité à aimer, aussi. Elle questionne tous ces comportements et je pense que c’est pour cela qu’elle continue à être toujours pertinente », indique Taylor Drury, danseuse au sein du Tanztheater Wuppertal Pina Bausch.
En abordant le côté sombre de l’humain, Pina Bausch met en scène une forme d’enfermement qui parle à tout le monde. « C’est universel. Il est clair que beaucoup de choses ont changé en quarante ans dans le monde et il y a d’autres façons de s’exprimer artistiquement. Mais ce ressenti profondément humain est toujours d’actualité », conclut Barbara Kaufmann.
Sujet TV: Chloé Steulet
Adaptation web: mh
« Café Müller » de Pina Bausch par le Tanztheater Wuppertal Pina Bausch, Comédie de Genève, jusqu’au 14 février 2026. Complet mais inscription sur liste d’attente possible.