Les supermarchés suisses ne font pas assez d’efforts pour réduire leurs offres d’aliments d’origine animale, dénonce Greenpeace. L’ONG a publié jeudi un rapport mettant en cause les deux géants Coop et Migros.
Dans son rapport, Greenpeace affirme que 90% des protéines proposées par Migros et Coop sont d’origine animale.
Ces protéines issues de la viande, des œufs, des poissons et des produits laitiers constituent donc la majeure partie du marché actuel des protéines. Les protéines végétales, quant à elles, représentent environ 10% de ce marché.
Réponse des supermarchés
Contactées par la RTS, les établissements Coop et Migros, ont répondu par écrit « ne pas comprendre et ne pas vouloir commenter ces chiffres, sans un accès à l’ensemble des données. »
Les grandes enseignes ont toutefois expliqué n’imposer aucun choix à leur client et seulement répondre à la demande existante.
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Des centaines de millions sont dépensés dans la publicité, toujours au profit de la viande
Fanny Eternod, porte-parole consommation chez Greenpeace Suisse
Un discours qui fait bondir Fanny Eternod, porte-parole consommation chez Greenpeace Suisse: « Ils doivent arrêter de rejeter la faute sur leur clientèle. »
>> Ecouter l’interview de Fanny Eternod dans La Matinale : Greenpeace critique Migros et Coop sur leurs objectifs climatiques: interview de Fanny Eternod / La Matinale / 1 min. / aujourd’hui à 06:16
Elle dénonce également une incitation à la consommation d’origine animale: « Ils disent ne faire que répondre à la demande, mais ils influencent au contraire fortement les achats. Des centaines de millions sont dépensés dans la publicité, et ce, toujours au profit de la viande. »
Des objectifs climatiques à atteindre
De ce fait, Greenpeace demande à Coop et Migros de vendre 60% de protéines végétales dans leurs surfaces d’ici à 2035. Représentant plus de 80% de parts du marché du secteur alimentaire suisse, les deux grandes surfaces seront aussi appelées à réserver leurs publicités et promotions aux produits végétaux durables.
Cet ensemble de demandes est formulé dans le but d’atteindre les objectifs climatiques des deux enseignes, à savoir zéro émission nette d’ici à 2050.
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Afin d’atteindre ces objectifs, Greenpeace espère un coup de pouce. Pour Fanny Eternod, la nouvelle politique agricole de 2030 aura la possibilité d’être plus contraignante: une convention d’objectifs pourra être établie entre la Confédération et le commerce de détails.
Même la Confédération, dans sa nouvelle stratégie climatique, appelle à manger moins de viande: « Deux à trois portions par semaine sont un maximum du point de vue de la santé notamment. Nous en mangeons trois fois trop », souligne l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires.
Foued Boukari
Texte web: Orju