Le chanteur d’opéra belge José van Dam est décédé mardi à l’âge de 85 ans a annoncé l’institution belge la Chapelle Musicale Reine Elisabeth. Retiré de la scène depuis 2010, il était l’un des plus grands barytons-basses de sa génération.
« Il nous a quittés paisiblement, entouré de ses proches », a écrit l’institution musicale belge dans un communiqué transmis à l’AFP.
« La Belgique perd son plus grand ambassadeur de l’art lyrique; le monde perd une légende qui a, par son génie, marqué l’histoire de l’opéra des XXe et XXIe siècles », a salué la Chapelle Musicale.
Saint François d’Assise de Messiaen, le rôle d’une vie
Retiré de la scène depuis un peu plus de quinze ans, le baryton belge José van Dam était connu pour ses interprétations de Philippe II dans « Don Carlo », Golaud dans « Pelléas et Mélisande » de Debussy, Falstaff de Verdi.
Mais le rôle qu’il a souvent décrit comme le plus important de sa carrière est celui de Saint François d’Assise de Messiaen qu’il a incarné lors de la création de l’oeuvre à l’Opéra de Paris, en 1983. On a pu le réentendre dans la production du Festival de Salzbourg de 1992, puis dans celle de l’Opéra Bastille en 2004.
En 2010, après cinquante ans de carrière et à l’apogée de son art, il chantait une dernière fois « Don Quichotte » de Jules Massenet, lors d’un spectacle d’adieux retransmis en direct au coeur de la capitale belge.
Au cinéma, il a incarné « Le maître de musique », nommé aux Oscars en 1989, qui l’a fait mieux connaître du grand public.
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Genève, un tremplin
Né à Bruxelles le 25 août 1940, ce fils d’ébéniste est dès l’âge de 11 ans soliste dans une église, puis il se met à l’apprentissage du solfège. C’est sa professeure de piano qui le présente au grand ténor belge Frédéric Anspach. La rencontre s’avère déterminante. Anspach, son mentor, le convainc d’étudier le chant sous sa direction au conservatoire de Bruxelles, d’où le jeune van Dam sort diplômé en art lyrique.
Après avoir remporté des prix en Belgique et en France, José van Dam obtient une récompense au prestigieux Concours International d’Exécution Musicale de Genève en 1964. Ce succès le place sur le radar des grandes maisons d’opéra européennes.
Il quitte alors Paris et intègre de 1965 à 1967 la troupe du Grand Théâtre de Genève. Cette période de deux ans est, de son propre aveu, absolument formatrice. C’est là qu’il a pu aborder des rôles plus substantiels et, surtout, qu’il a développé sa présence scénique.
Après Genève, il part pour Berlin. Les années 1970 voient sa carrière internationale exploser. Il est invité partout, de la Scala de Milan au Covent Garden de Londres en passant par New York et Vienne. Mais il n’oubliera pas Genève, et la Suisse, où il reviendra tout au long de sa carrière comme une tête d’affiche acclamée.
>> Ecouter, José van Dam invité dans l’émission Pardonnez-moi en décembre 2010 :
José Van Dam / Pardonnez-moi / 23 min. / le 5 décembre 2010 « Humble et plein d’humour »
« La voix est le miroir de l’âme, cela va de pair avec la simplicité, la liberté et le naturel », confiait le chanteur, à l’aise dans tous les répertoires.
Célébré comme l’un des meilleurs barytons-basses de son temps, José van Dam a été récompensé de nombreuses distinctions et anobli en 1998 par le roi des Belges Albert II . »On est là pour servir la musique », avait-t-il coutume de dire. « La plupart des chanteurs ont un don sinon ils seraient employés de bureau ou chauffeurs de poids lourds, mais sans générosité ils n’iront nulle part ».
aq avec afp
Une information traitée dans l’émission Vertigo du 19 février 2026 à 17h sur RTS Première.