Une équipe sino-américaine a mesuré les propriétés optiques de particules plastiques similaires à celles disséminées dans l’atmosphère selon leur composition, taille et couleur. Conclusion: elles favorisent globalement le réchauffement climatique, et non l’inverse.
Selon l’étude des scientifiques de l’Université de Fudan à Shanghai, les microplastiques contribuent globalement au forçage radiatif – approximativement, la différence entre l’énergie solaire reçue par la Terre et l’énergie qu’elle renvoie vers l’espace – à hauteur de 0,039 W/m2.
Même si cela ne représente qu’une fraction du forçage total d’origine humaine estimé à 2,72 W/m2 pour 2019 dans le dernier rapport du GIEC, l’effet estimé des micro- et nanoplastiques atmosphériques n’en est pour autant pas trivial. C’est une donnée dont il faudra tenir compte dans les modèles climatiques, même si l’incertitude demeure sur les quantités effectives de ces particules dans les différentes couches de l’atmosphère.
Particules sombres en cause
Selon les chercheurs, le plus fort effet réchauffant est observé sur les particules les plus petites et les plus sombres, largement majoritaires parmi les plastiques atmosphériques: « Seules les claires, les particules blanches, reflètent la lumière et la renvoient dans l’espace avec un effet refroidissant. Mais les autres sont plus sombres et absorbent la lumière, avec un effet de réchauffement », explique le climatologue Drew Shindell, professeur à l’Université de Duke et co-auteur de l’étude.
Les mesures ont été effectuées à partir d’échantillons de plastique récoltés dans les marchés locaux, broyés et artificiellement vieillis pour étudier l’évolution de leurs propriétés d’absorption de la lumière. « Ce sont des résultats importants », estime Drew Shindell, qui reconnaît l’existence d’une incertitude: « Nous sommes confiants, désormais, sur notre compréhension de l’optique et du comportement de ces particules face au rayonnement. Mais nous le sommes moins par rapport aux quantités réelles de ces particules dans l’atmosphère. Nous avons besoins de plus de données ».
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