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Après la polémique suscitée par l’envoi de factures hospitalières aux victimes de l’incendie de Crans-Montana, les autorités helvétiques annoncent finalement la prise en charge des frais médicaux. Une décision destinée à apaiser les tensions, notamment avec l’Italie, profondément outrée par cette affaire.
Face au scandale, la Suisse cherche désormais l’apaisement. Le 20 avril dernier, le quotidien italien Corriere della Sera révélait que des victimes de l’incendie de Crans Montana avaient reçu des factures salées après leur hospitalisation. Ce lundi 4 mai, le président de la Confédération suisse, Guy Parmelin, a annoncé que les frais médicaux seraient finalement pris en charge.
« Les personnes blessées lors de l’incendie à Crans-Montana et leurs familles, quel que soit leur lieu de résidence, n’auront rien à payer pour les soins médicaux dispensés dans les hôpitaux suisses immédiatement après la catastrophe », a-t-il écrit sur X. Les frais médicaux seront selon lui pris en charge « par l’aide aux victimes dans la mesure où ils ne sont pas couverts par les assurances. » « Afin d’éviter tout malentendu, la Suisse n’enverra plus de copies de factures aux familles des victimes », a complété Guy Parmelin.
75 000 euros pour 15 heures d’hospitalisation
Le président de la Confédération suisse s’est entretenu avec la Première ministre italienne au sujet du drame qui a coûté la vie à 41 personnes et fait 115 blessés, majoritairement des Français et des Italiens. Le 20 avril dernier, des familles de victimes témoignaient dans les colonnes du Corriere della Sera, confiant leur indignation face à la réception de factures provenant d’établissements hospitaliers suisses. Entre autres, la famille Marcucci expliquait avoir reçu une note de 75 000 euros après l’hospitalisation de leur fils. Manfred Marcucci a été hospitalisé pendant 15 heures à l’hôpital de Sion avant d’être transféré. Le montant de la facture, pour seulement quelques heures d’hospitalisation, a eu le don d’exaspérer la famille. « C’est surréaliste. C’est une gifle supplémentaire après tout ce que nous avons traversé », a dénoncé Umberto Marcucci, père de la victime.
Les révélations du Corriere della Sera n’ont pas manqué de choquer en Italie. Giorgia Meloni avait dénoncé une « insulte, en plus d’une moquerie, que seule une bureaucratie inhumaine pouvait produire ». Guido Bertolaso, responsable de la santé en Lombardie, avait pointé du doigt un « acte comptable froid qui a ignoré le drame humain » : « Ces documents n’auraient jamais dû franchir la porte de l’administration hospitalière pour arriver chez les parents », avait fustigé celui-ci.