Quatre films sur 16 réalisés: c’était jusqu’ici le triste bilan de distribution suisse pour Paolo Virzì, l’un des meilleurs cinéastes italiens de ces trente dernières années. Après le ballon d’essai de La prima cosa bella (2010) et le beau triplé Les Opportunistes, Folles de joie et L’Echappée belle, réalisé aux Etats-Unis en 2017, on pensait la suite assurée. Ce fut retour au placard pour ses trois films suivants, ambitieux mais moins bien accueillis en Italie. D’où la belle surprise de ce retour en grâce avec Cinque secondi, qui nous ramène enfin le cinéaste de Livourne, sans doute un peu émoussé à 60 ans mais toujours sacrément talentueux.

Auteur complet depuis ses débuts – il imagine et coécrit la plupart de ses histoires –, Virzì renoue ici avec sa chère Toscane, cette fois côté campagne. Le premier cadeau sera de voir cette dernière saisie au fil des saisons par le grand chef opérateur Luca Bigazzi. Sur le domaine à l’abandon d’un comte décédé, dans d’anciennes écuries réaménagées, vit seul un homme qui se laisse dangereusement aller. Mais la tranquillité d’Adriano Sereni (Valerio Mastandrea) est bientôt dérangée par l’arrivée d’une douzaine de jeunes menés par Matilde (Galatéa Bellugi), la petite-fille du comte, qui squattent une partie de la villa.