Entre les méandres de la Sarine, les crêtes acérées des Préalpes, les alpages verdoyants et les lacs aux bleus hypnotiques, la région de Fribourg brille par sa diversité. « Le canton se trouve au cœur de la frontière linguistique francophone et alémanique, pas étonnant donc qu’il soit souvent qualifié de « mini-Suisse », observent Lisa et Axel, du compte Dreamexplorers. Le couple a parcouru le territoire pendant plusieurs jours. « Ce qui nous a séduit en premier lieu, ajoutent-ils, c’est cette impression d’un voyage où l’on peut découvrir toute la variété des paysages et de l’art de vivre helvétique. »

Dans les alpages de La Gruyère

© Dreamexplorers

Dès leur arrivée, nos deux voyageurs sont entrés dans le vif du sujet. Quand gourmandise et histoire ne font plus qu’un, c’est généralement que l’on se trouve au cœur de La Gruyère. « Derrière ce nom d’un fromage mondialement connu, il y a une splendide région, La Gruyère, et une cité, notre première étape : Gruyères, avec un « s », explique Lisa. Perchée sur son éperon rocheux, à 810 mètres d’altitude, il s’agit d’un bourg médiéval aux ruelles pavées où l’on se balade main dans la main avec l’impression de remonter le temps ». Les maisons, avec leurs façades à pignons et leurs fenêtres à meneaux, sont rassemblées autour du château des comtes de Gruyères, édifié vers 1270. « La ville s’apprécie aussi en arpentant ses alentours, pour bénéficier d’une vue d’ensemble », observe pour sa part Axel.

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De là, direction le Sentier des Comtes, au départ de Villars-sous-Mont. Le chemin serpente entre forêts d’épicéas et rivières, bordé de fermes typiques dont les larges toits à pans coupés protègent la « Poya », un terme qui désigne en patois fribourgeois la montée à l’alpage, et qui s’applique aux adorables peintures naïves sur bois présentes sur les façades des fermes et illustrant le parcours des troupeaux vers les hauts pâturages. Vers 19h, le duo s’installe face aux crénelures de la vieille ville pour un pique-nique estival mémorable. Au menu : les pépites du cru, du fromage bien sûr, mais aussi des charcuteries de montagne, la célèbre moutarde de Bénichon, emblème des fêtes fribourgeoises, une préparation aigre-douce qu’on déguste avec la « Cuchaule AOP », un pain brioché au safran. « Sous la lumière rasante du couchant, alors que l’herbe prend des reflets d’or, l’ambiance devient proprement magique », s’émerveille encore Lisa.

Randonnée panoramique

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Le lendemain, place à la verticalité avec les Gastlosen. Ces « inhospitalières », surnommées les « Dolomites suisses », forment une impressionnante chaîne de montagnes calcaires située à la frontière entre le canton de Fribourg et celui de Berne. Sur 15 kilomètres de long, les parois calcaires, ayant parfois près de 300 m de haut, impressionnent par leur majesté. Elles sont un des hauts lieux de l’escalade en même temps qu’un rendez-vous pour les marcheurs. Deux heures de randonnée mènent nos voyageurs à 1 921 mètres jusqu’au col du Loup, un passage étroit sculpté par l’érosion. « Le panorama est grandiose, le calcaire brut contraste violemment avec le vert tendre des vallons », confie Axel. Le tour des Gastlosen est un incontournable pour qui aime la géographie à grand spectacle. Le randonneur découvre ici le Still Wasserwald et sa végétation très variée. Sans oublier qu’il peut profiter tout le long du parcours des traditionnelles buvettes pour découvrir les produits locaux.

La vraie fondue des Fribourgeois

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En redescendant, l’heure de la récompense a sonné pour nos deux marcheurs. À l’entrée du vallon du Gros Mont, se trouve une institution : Les Invuettes. « Derrière ce nom, il y a une buvette, un refuge et une fromagerie d’alpage, tenue par le truculent Gérard Biland, un personnage haut en couleur dont l’humour n’a d’égal que la passion. Allez-y, c’est une rencontre que vous n’oublierez pas ! », se souviennent nos deux voyageurs. Entouré de ses 70 vaches, Gérard perpétue le savoir-faire des chalets d’alpage. Dans son chaudron de cuivre chauffé au feu de bois, il façonne le Gruyère d’Alpage AOP et le Vacherin Fribourgeois AOP d’Alpage. Après la visite de la ferme, vient le moment incontournable : une fondue « moitié-moitié », mêlant comme l’indique son nom, les deux fromages AOP du canton, avec à la clé une onctuosité rare, un équilibre des saveurs parfait. « Sans doute la meilleure fondue de notre vie », jure Axel.

Fribourg, chef-d’œuvre du gothique.

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Suite du voyage vers Fribourg, la capitale cantonale, rejointe avec la ponctualité métronomique du rail helvétique. « C’est l’un des détails qui nous a le plus enchanté lors de ce voyage en Suisse : le réseau ferroviaire permet d’aller partout, tout le temps, et avec, en prime, le plaisir de regarder défiler les paysages par la vitre », assure Lisa. Fribourg est un chef-d’œuvre d’urbanisme médiéval. Dans les ruelles, où l’on entend parfois glouglouter la Sarine, se dévoile l’un des plus grands ensembles d’architecture gothique d’Europe, avec plus de 200 façades de molasse (un grès local) datant du XVe siècle. On s’y perd avec délice entre les ponts anciens et la superbe cathédrale Saint-Nicolas, dont la tour de 74 mètres, achevée en 1490, veille sur les toits de tuiles brunes. « Le secret, c’est de grimper sur les hauteurs pour voir la ville se découper contre les falaises », conseille Axel.

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Ici aussi, la gastronomie est comme une seconde nature. Lisa et Axel se sont offert une escale à la table du Chasseur, pour un périple gastronomique où les produits du terroir et le gibier sont rois. Le lendemain matin, ils ont aussi testé Taste My Fribourg, le food-tour proposé par Fribourg Tourisme. L’occasion de goûter la Cuchaule AOP, des bières artisanales ou encore le thé à la poire à Botzi AOP, une variété locale de petite poire qui, selon la légende, aurait été ramenée par des mercenaires fribourgeois de la région de Naples.

Du paddle sur le lac Noir

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Dernière étape : Schwarzsee, ou Lac Noir, ainsi nommé en raison de ses reflets sombres. Enchâssé à 1 046 mètres dans un cirque de montagnes, le lac est à la fois majestueux et mystérieux. Un vrai coup de cœur pour nos deux promeneurs. « Je ne m’y attendais pas, mais j’ai pu essayer le paddle, raconte Lisa. Glisser sur les eaux calmes, alors que les vaches paissent sur les berges, c’est quelque chose d’inoubliable ! ». De là, une autre aventure est possible : s’attaquer au tour de la Brecca, une vallée glaciaire à la beauté saisissante. Départ à 8h pour saisir la pureté de la lumière sur les formations karstiques. Au total, 14 kilomètres de sentiers sauvages (pour environ 400 m de dénivelé) où le silence n’est rompu que par le sifflement des marmottes.

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https://www.myswitzerland.com/fr et https://fribourg.ch/fr/

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