La pollution aux microplastiques a un effet direct sur le climat. Une étude parue dans Nature montre que les particules qui errent dans l’atmosphère auraient tendance à réchauffer la planète encore plus vite que certains gaz à effet de serre.

On en trouve désormais dans les lacs, les océans, les sols, les glaciers de l’Antarctique, mais aussi dans l’eau potable et même dans le corps humain. Les microplastiques sont omniprésents dans notre environnement avec des conséquences sanitaires et environnementales mal connues. Mais à mesure que la recherche avance, de nouveaux problèmes apparaissent.

La preuve avec cette étude parue le 4 mai dans la revue Nature. Celle-ci met en lumière le rôle de ces particules de moins de 5 millimètres sur le climat.

Ce sujet est encore peu exploré par les scientifiques, car les précédents travaux examinaient surtout les conséquences directes sur l’environnement, et notamment la vie animale. Ici, les auteurs, issus en majorité d’universités chinoises, se sont intéressés aux microplastiques et aux nanoplastiques qui sont en suspension dans l’atmosphère.

Une contribution importante au réchauffement atmosphérique

Il s’avère que ces particules peuvent influencer le climat terrestre et participer au changement climatique. Cela est dû à la manière dont ils interagissent avec la chaleur du Soleil. Les microplastiques absorbent et conservent la chaleur, ce qui a tendance à réchauffer l’atmosphère autour d’eux. Il ne s’agit pas des seules particules à avoir ce type de comportement, déjà visible avec les aérosols, le carbone noir et la suie.

La géoingénierie solaire consiste à rejeter des particules dans la moyenne ou basse atmosphère pour refléter les rayons du Soleil. // Source : PexelsLa géoingénierie solaire consiste à rejeter des particules dans la moyenne ou basse atmosphère pour refléter les rayons du Soleil. // Source : PexelsLes particules en suspension jouent un rôle encore mal mesuré sur le réchauffement global de l’atmosphère. // Source : Pexels

La différence ici est que les microplastiques sont particulièrement doués à ce jeu. D’après les auteurs, ils contribueraient au réchauffement climatique à un niveau notable : environ 16 % de ce qui est déjà atteint par la suie. Ces chiffres sont à prendre avec précaution, cependant.

Pour les obtenir, les auteurs ont réalisé des expériences en laboratoire visant à savoir quelle était la réaction des microplastiques lorsqu’ils étaient exposés au Soleil. Jusque-là, on ignorait s’ils avaient tendance à se refroidir ou à se réchauffer. Leurs résultats montrent que dans l’immense majorité des cas, ils réchauffent l’atmosphère à un niveau relativement élevé.

Un effet longtemps sous-estimé, et toujours incertain

Mais pour savoir quel est l’effet réel sur le climat, il faudrait davantage de données, notamment la concentration de ces microplastiques dans l’atmosphère. On sait qu’ils sont plus nombreux au-dessus des larges courants océaniques où ils ont tendance à s’accumuler, tout particulièrement vers les gyres, ces vastes courants d’eau circulaires que l’on trouve par exemple dans l’océan Pacifique, non loin de la côte américaine.

Selon les auteurs, les modèles climatiques actuels sous-estiment le rôle de ces microplastiques sur le climat. Une étude de 2021, également parue dans Nature, a abouti à la conclusion que leur présence dans l’atmosphère n’avait pas de conséquence au niveau des radiations, notamment en comparaison avec les dommages causés par les aérosols.

L’étude précisait malgré tout que si la concentration de plastique continuait d’augmenter, des effets néfastes étaient à craindre. D’après ces nouveaux travaux, les dommages sont déjà là. Il reste à en évaluer plus précisément l’ampleur.

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