Deux avions transportant des patients évacués du bateau de croisière MV Hondius, foyer d’hantavirus, ont décollé mercredi pour les Pays-Bas. Le chef de l’OMS a répété que la menace pour la santé publique mondiale reste peu élevée.

Selon l’OMS, trois personnes, deux membres d’équipage malades et une personne ayant été en contact avec l’un des cas confirmés, ont été évacuées du bateau puis embarquées à bord de vols médicalisés au départ de la capitale du Cap-Vert, Praia.

>> Voir le sujet du 19h30 : Hantavirus : 3 cas suspects débarqués vers la capitale des îles du Cap Vert Hantavirus : 3 cas suspects débarqués vers la capitale des îles du Cap Vert / 19h30 / 1 min. / aujourd’hui à 19:30

Le premier avion a atterri à l’aéroport d’Amsterdam. Le centre médical universitaire de Leyde (LUMC) a déclaré dans un communiqué que des médecins se préparaient à admettre un patient provenant du navire.

Un deuxième avion a atterri à l’aéroport de Grande Canarie, au sud de Las Palmas, peu avant 15h30 GMT (17h30 en Suisse). Les deux patients à bord de ce second vol devaient changer d’appareil pour poursuivre leur voyage à cause d’une panne technique, a annoncé le ministère espagnol de la Santé.

Navire en route vers Tenerife

Le navire accostera pour sa part « dans un délai de trois jours » au port de Granadilla sur l’île de Tenerife, dans les Canaries, a annoncé la ministre espagnole de la Santé, malgré l’opposition affichée par le gouvernement régional de cet archipel. Et, sauf cas critique, « tous les passagers étrangers seront rapatriés » après leur arrivée aux Canaries.

Trois personnes, un couple de Néerlandais et une Allemande qui ont voyagé à bord du MV Hondius, sont mortes depuis le début de la croisière. Le navire reliait Ushuaïa, en Argentine, à l’archipel du Cap-Vert, au large de la côte ouest-africaine.

Une personne est hospitalisée à Johannesburg, une autre à Zurich. L’homme traité en Suisse pour une infection au hantavirus revenait avec son épouse d’un voyage en Amérique du Sud fin avril.

>> Lire à ce sujet : Un homme positif au hantavirus soigné à Zurich, l’OFSP se montre rassurant

Battant pavillon néerlandais, le MV Hondius mouillait depuis dimanche près du port de Praia, la capitale cap-verdienne, avec 88 passagers et 59 membres d’équipage de 23 nationalités. Il a quitté mercredi sa zone de mouillage

Transmission par des rongeurs?

A ce stade, l’OMS suppose qu’un ou plusieurs premiers cas « ont été infectés en dehors du navire » par le virus et qu’il y a eu ensuite « une transmission interhumaine », a déclaré Maria Van Kerkhove, qui dirige le département de prévention et préparation aux épidémies et pandémies de l’OMS.

La souche détectée sur un des passagers de la croisière évacué en Afrique du Sud, est celle des Andes, transmissible entre humains, a déclaré mercredi le ministre sud-africain de la Santé. L’hôpital universitaire de Genève a confirmé avoir identifié la même souche.

L’hantavirus, maladie généralement transmise à l’homme par les rongeurs, peut entraîner des maladies respiratoires graves. Il nécessite une surveillance attentive des patients.

Un risque « faible » selon l’OMS

« À ce stade, le risque global pour la santé publique demeure faible », a toutefois estimé le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, dans un message sur X. Il « ne pense pas » que la situation soit similaire à celle du début de la pandémie de Covid-19.

« Il y a une transmission interhumaine, mais pas du tout à la magnitude du SARS-CoV-2 ou même de la grippe par exemple », a expliqué Frédérique Jacquérioz, médecin spécialisée en médecine tropicale aux Hôpitaux universiaires genevois, sur le plateau du 19h30 de la RTS.

« Il faut vraiment des contacts rapprochés, prolongés », comme c’est le cas sur le navire de croisière, précise l’infectiologue.

Les risques sont limités, car « les gens qui ont été exposés sont identifiés, ils sont suivis. S’il y a des symptômes, ils seront isolés », rassure Frédérique Jacquérioz.

Hatavirus : les explications de Frédérique Jacquérioz, médecin aux HUG Hantavirus : les explications de Frédérique Jacquérioz, médecin aux HUG / 19h30 / 3 min. / aujourd’hui à 19:30

agences/jop