Ce n’est pas un voyage qu’on entreprend sur un coup de tête. Selon les prédictions actuelles, faire un aller-retour sur Mars durerait près de trois ans. C’est notamment dû à la distance entre la planète rouge et la Terre, plus ou moins étendue en fonction des années et des mouvements de chacune autour du Soleil, mais aussi à des considérations énergétiques. Mais un astronome vient peut-être de trouver une alternative beaucoup plus rapide.
Dans une étude publiée dans Acta Astronautica, Marcelo de Oliveira Souza, cosmologue brésilien, explique qu’en suivant la trajectoire des astéroïdes qui gravitent autour de la Terre, on pourrait faire le trajet aller-retour entre les deux planètes en seulement cinq mois. Or, ces astéroïdes, bien connus des spécialistes de l’espace, ont déjà été étudiés dans le cadre de voyages spatiaux… avant d’être abandonnés pour manque de précision.
Une découverte due au hasard et à un alignement parfait des planètes
L’un des astéroïdes qui tournoient autour de la Terre a attiré l’attention de Marcelo de Oliveira Souza en 2015. Nommé 2001 CA21, il traverse à la fois la zone orbitale de la Terre et celle de Mars. Mais c’est lors de l’opposition d’octobre 2020 – lorsque la Terre et Mars sont alignés du même côté du Soleil et le plus proche possible – que le chercheur a pu lier cet astéroïde à la possibilité de voyages très rapides sur la planète rouge.
« C’était une surprise, je ne m’attendais pas du tout à ça », confie Marcelo de Oliveira Souza à Live Science. Selon ses calculs, dans cette configuration idéale qu’est l’opposition, il est théoriquement possible d’aller sur Mars en seulement 34 jours. Mais cela impliquerait de partir de la Terre avec une vitesse de 32,5 km/s, et d’arriver sur Mars à 108 000 km/h. C’est bien plus que les capacités de vitesse et de freinage des vaisseaux spatiaux actuels.
Un aller-retour sur Mars en moins de cinq mois… possible en allant vite
Mais l’astronome n’a pas abandonné sa piste pour autant. En se penchant sur les prochaines oppositions entre Mars et la Terre – qui auront lieu en 2027, 2029 et 2031 – et en tentant de dessiner le trajet le plus rapide possible tout en suivant la trajectoire orbitale de 2001 CA21, il a estimé que celui-ci pourrait avoir lieu en 2031.
Ce voyage durerait au mieux 153 jours, à raison d’un départ à 27 km/s. Avec une vitesse moindre, de 16,5 km/s au départ, un équipage pourrait atteindre Mars, faire des analyses et revenir en 226 jours, soit un peu plus de sept mois. Une alternative bien plus rapide que les quelque trois ans nécessaires selon les calculs actuels.
Ces calculs ont beau offrir un espoir immense aux astronautes, ils ne sont pour le moment que théoriques. Il faudrait ajouter des facteurs liés aux objectifs des différentes missions martiennes et au design des vaisseaux pour obtenir des résultats plus fiables. En revanche, cela ouvre de nouvelles manières de penser les trajectoires dans l’espace… et pourrait donner des idées aux milliardaires qui regardent le ciel avec des envies grandissantes de conquête.