Le taux de chômage en Suisse semble résister malgré un contexte géopolitique et économique international instable: le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) publiait jeudi son rapport mensuel, qui affiche pour le mois d’avril un pourcentage de 3,0% contre 3,1% un mois plus tôt et 3,2% en février comme en janvier. Après une fin d’année 2025 marquée par des hausses et un taux moyen de 2,8%. Le nombre de chômeurs a diminué de 3352 pour toucher encore 142 902 personnes.
Corrigé des variations saisonnières, le taux de chômage s’est maintenu à 3,0%. Le nombre de postes vacants annoncés aux Offices régionaux de placement (ORP) s’est également réduit, de 408 unités à 48 435 annonces. Les économistes fédéraux pour leur part ont recensé un rebond de près d’un cinquième de ces postes. A fin avril toujours, 2304 personnes étaient parvenues au bout de leur droit aux prestations de l’assurance chômage au cours du mois de février, contre 2593 en janvier.
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Par ailleurs, selon les données de fin avril 2026, la réduction de l’horaire de travail, aussi connue sous le nom de chômage partiel – dispositif qui a pour objectif d’éviter le licenciement des employés à la suite d’une interruption de travail brève mais inévitable – a touché 13 309 personnes en janvier 2026, soit +13,8% par rapport à décembre 2025 après une période de saisie de trois mois. Le nombre de secteurs d’exploitation concernés a augmenté de +8,1% par rapport à décembre 2025.
Deux taux de chômage
Pour rappel, le pourcentage calculé par le Seco rend compte du nombre de chômeurs inscrits auprès d’un office régional de placement (ORP) à la fin d’un mois. Alors que les chômeurs au sens du Bureau international du travail, calculés par l’OFS, entrent dans une définition plus large: ce sont les personnes âgées de 15 à 74 ans qui n’étaient pas actives occupées au cours de la semaine de référence et qui ont cherché activement un emploi au cours des quatre semaines précédentes et étaient disponibles pour travailler. Ainsi, selon les derniers chiffres disponibles, au 4e trimestre 2025, ces chômeurs représentaient 5,0% de la population active. C’est cette seconde méthode de calcul qui permet une comparaison internationale.
Plus tôt cette semaine, le Centre d’études conjoncturelles (KOF) de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) allait dans le même sens que le Seco: Les perspectives d’emploi des entreprises suisses ne se détériorent pas, malgré le conflit au Moyen-Orient et la hausse des cours du pétrole et du gaz qui en découle, publiait-il.
En effet, au deuxième trimestre 2026, son indicateur de l’emploi s’établit à 2,2 points, contre 2,1 points au premier trimestre 2026. Ce baromètre repose sur les réponses de quelque 4200 entreprises interrogées par le KOF en avril. Et l’indicateur des perspectives d’emploi pour les trois prochains mois reste inchangé à 2,9 points. La part des entreprises prévoyant d’augmenter leurs effectifs au cours des prochains mois demeure donc supérieure à celle des entreprises anticipant des réductions de personnel.
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