Faute d’adhésion unanime des riverains concernés, à Clisson (Loire-Atlantique), le festival de musiques extrêmes ne se dotera pas de la structure végétalisée, haute de 6 mètres. Elle était envisagée depuis plusieurs mois, pour atténuer les nuisances sonores pour les habitations les plus proches.

Pas de muraille autour de la grande arène du heavy metal en France. Le projet d’installation d’un «mur antibruit», censé protéger une partie des habitants de Clisson (Loire-Atlantique) des nuisances sonores du Hellfest , ne verra finalement pas le jour. Imaginée en fin d’année dernière par les organisateurs du festival de musiques extrêmes, cette proposition n’a pas suscité l’adhésion unanime des riverains, condition nécessaire à l’instruction du projet par la mairie.

Selon le plan imaginé par Hellfest Productions, la société organisatrice de la manifestation, la palissade aurait pris une forme coudée, haute de 6 à 7 mètres. Ce mur, que le festival était disposé à financer, aurait par ailleurs été végétalisé. Il aurait protégé un secteur particulièrement exposé, où se trouvent des habitations situées à 100 mètres environ d’une scène installée depuis 2023 sur le lieu-dit du Champ Louet.


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De nouvelles antennes relais en question

D’après le quotidien local Ouest-France, malgré l’adhésion d’une partie des riverains au projet, plusieurs habitants se sont prononcés contre la construction du mur, au motif qu’il serait trop visible et couperait la perspective sur le vignoble, en dehors de la période du festival. «Nous resterons force de proposition. Si ce projet n’aboutit pas, nous pourrons imaginer d’autres solutions», a assuré en avril Ben Barbaud, le fondateur et directeur du Hellfest. «Une autre piste envisagée serait d’installer des arbres», suggère l’association des riverains du Champ Louet (ARCL), qui n’était pas en faveur de la solution murale.

Le Hellfest dévoilera cet été une statue géante en hommage à Ozzy Osbourne

À une quarantaine de jours de la 19e édition du festival, qui se tiendra cette année du 18 au 21 juin, les habitants restent vigilants sur d’autres points liés au Hellfest. Outre la question des nuisances sonores, des habitants sont également montés au créneau pour dénoncer l’installation et la mise en route, prévue pour novembre, d’un cinquième pylône à antennes relais. À l’initiative du projet, censé être installé sur un terrain privé, dans le secteur immédiat du Hellfest, Orange soutient que l’opération permettra d’éviter une saturation du réseau, à l’image de ce qui était survenu en 2023, pendant le festival. La manifestation accueille en effet près de 60.000 personnes par jour, soit près de huit fois la population de Clisson – un pic important pour la couverture mobile de la commune rurale.

Pour Thierry Maître, président de l’ARCL, cette extension serait cependant superflue, puisque le déploiement de dispositifs mobiles s’est révélé suffisant en 2024 et 2025. «Nous disposons déjà d’une forte concentration d’antennes relais sur un seul km2, avec trois sites d’accueil d’antennes sur une même droite de 600 mètres. C’est l’équivalent de 60 fois la densité moyenne nationale. On se battra donc par tous les moyens contre cette nouvelle installation», promet le Clissonnais. Qui plus est, remarque-t-il, le grand camping du Hellfest devrait également être déménagé dans une commune voisine à la fin de l’année, soulageant d’autant plus l’engorgement du réseau. Les autorités ont été saisies par l’association et la mairie de Clisson, pour réévaluer le projet. Une instance de concertation devrait se tenir prochainement à ce sujet.