Ils avaient commencé depuis peu la sculpture d’objets métalliques chacun de leur côté, l’un à Trun (Orne), le second à Occagnes il y a environ trois ans. On s’est rencontré sur les réseaux sociaux, résume James Dodille. On a échangé parce qu’il faisait de la sculpture et de la peinture, et moi de la sculpture. Puis on a créé un projet à trois, et ça l’a fait. Ils sont restés à deux et se sont lancés dans des festivals où on est exclusivement sur de la sculpture métal. Il peut y avoir de dix à trente sculpteurs. On a une benne de ferrailles, issues de déchetteries, parce que c’est du métal de récupération qui est mis à disposition. On la vide tous ensemble et on va chercher les pièces dont on a besoin. L’idée, c’est de créer une œuvre d’art sur le week-end, résume le plus bavard du duo.

Leur première a eu lieu à Granville (Manche), en 2023. Leur prochain rendez-vous du genre, Les Soudeurs du quai, se tiendra à Thury-Harcourt (Calvados) les 27 et 28 juin. Peut-être qu’un jour, il y en aura un dans l’Orne, ça nous trotte dans l’idée…

« De l’art brut » ou plus figuratif

C’est grâce à ces festivals que leur activité a cessé d’être un simple loisir : Dans les festivals de métal-art, il faut être déclaré, d’une part pour déclarer nos ventes, et puis il faut avoir des assurances professionnelles, parce qu’on fait de la meuleuse et du poste à souder devant le public, donc, potentiellement, il peut arriver un accident. Donc là, la mécanique a été lancée… On est devenu autoentrepreneurs. Ancien salarié de Magnetti-Marelli, Samuel Dumont ne vit pas exclusivement de ses créations. Je travaille dans une ressourcerie de Caen (Calvados).

Les deux artistes ont eu envie d’exposer leurs talents dans leur département. Et ce sera à la Galerie du diable à Argentan, du 22 mai au 5 juin. On crée des choses en continu. Moi, je sais que je vais avoir une œuvre qui va s’appeler « Le Martin du Démon », en référence au nom de la galerie, sourit James Dodille. Lorsqu’ils comparent leurs réalisations, ce que fait James est très ressemblant, propre. Je suis plus dans l’art brut, plus granuleux. Ce que je fais, ce n’est pas du réel, estime Samuel, qui avoue un côté révolutionnaire : C’est bien, il y aura deux univers à découvrir. Et j’amènerai aussi des pochoirs réalisés comme des tableaux. Une quarantaine d’œuvres seront à regarder ou à acheter (à partir de 30 €).

Du vendredi 22 mai au vendredi 5 juin, exposition « Eklosion », à la Galerie du diable, 20, rue du Griffon, du mercredi au vendredi de 13 h 30 à 18 h 30 et les samedis de 10 h à 12 h et de 13 h à 18 h. Accès libre.