Le législatif valaisan ne souhaite pas inscrire la notion de féminicide dans le Code pénal suisse. La majorité des députés a voté jeudi contre une résolution en ce sens, déposée par le PS, NEO et le Centre du Valais romand.
Les députées Noémie Constantin (PS), Marie-Claude Schöpfer-Pfaffen (NEO) et Françoise Métrailler (Le Centre du Valais romand) avaient déposé une résolution en juin 2025. Celle-ci invitait le Grand Conseil « à faire usage du droit d’initiative du canton en matière fédérale et à demander aux Chambres fédérales de procéder à une modification du Code pénal suisse afin d’y intégrer la notion de féminicide, en tant que circonstance aggravante spécifique de l’homicide. »
En 2024, l’Office fédéral de la statistique (OFS) a enregistré 26 homicides dans la sphère domestique. Parmi les 19 personnes tuées dans une relation de couple actuelle ou passée, 17 étaient des femmes. Le canton du Valais n’est pas épargné par ce type de drame et plusieurs cas y ont été recensés ces dernières années.
« Un meurtre de genre »
Actuellement, le terme de féminicide n’apparaît pas dans le Code pénal suisse, ce qui empêche un recensement précis et rend difficile la mise en place de politiques de prévention efficaces. L’ONG StopFemizid a dénombré 22 féminicides l’an dernier dans notre pays.
« L’absence de base légale claire limite également la reconnaissance publique de la spécificité de ces actes », ont défendu les dépositaires de la résolution.
« Il convient de définir le féminicide comme le meurtre d’une femme en raison de son genre, souvent au terme d’un continuum de violences (psychologiques, physiques, économiques ou sexuelles) exercées par un partenaire ou un ex-partenaire. Ce schéma s’inscrit dans une logique de domination, de contrôle coercitif, dont la victime ne parvient pas à se libérer, même lorsqu’elle tente de fuir ou de résister », ont-elles ajouté.
« Reconnaître une réalité »
« Nommer le féminicide, c’est reconnaître une réalité, donner de la visibilité à une violence typique et favoriser sa prévention », selon les signataires du texte.
« Le PLR partage ces inquiétudes », a précisé la députée Géraldine Gianadda jeudi devant le plénum. « La voie choisie n’est cependant pas la bonne. La modification du Code pénal relève exclusivement de la compétence de l’assemblée fédérale. Il n’appartient pas à ce parlement de s’immiscer dans la politique criminelle nationale. »
« Les vrais problèmes sont ailleurs, dans la prévention ou la protection des victimes, notamment », a de son côté souligné Marie-Bertrande Duay (UDC du Valais romand).
L’exemple fribourgeois
« Cette résolution vous demande d’avancer juridiquement dans les violences faites aux femmes », a résumé pour sa part la Verte Carole Morisod. La députée a rappelé que le Grand Conseil fribourgeois a accepté une motion en ce sens en décembre 2025. Une telle demande est également pendante devant le parlement vaudois.
Au vote, la résolution n’a pas été suivie par la majorité du parlement (78 non, 47 oui, 2 abstentions). Elle est donc classée.
ats/miro