Après des mois de piques et de regards en chiens de faïence entre syndicats et gouvernement, gauche et droite, communes et canton, la grande bataille autour du plan d’économies du canton de Genève s’est matérialisée jeudi sous le coup des 10 heures du matin. Le Conseil d’Etat genevois prenait la parole devant la presse pour présenter le redouté et redoutable «rapport Zuin», du nom de Stanislas Zuin, l’ancien magistrat de la Cour des comptes qui a piloté le groupe d’experts chargé de trouver des pistes d’économies dans le fonctionnement de l’Etat. En guise de propositions: 58 mesures, souvent politiquement explosives, avec un potentiel de 533 millions de francs pour la période 2027-2029.

Le gouvernement tranchera d’ici au mois de juin et rien n’est encore décidé, mais les forces politiques en présence rue de l’Hôtel de Ville donnent des sueurs froides aux syndicats, à la gauche et aux communes. Qui déjà creusent les tranchées. «On s’attendait au pire… et c’est pire encore», grondent Les Vert·e·s dans un communiqué. Le Parti socialiste genevois évoque, lui, une vraie «boucherie». Le rapport «ne se contente pas de couper drastiquement dans les prestations publiques dans des domaines essentiels et d’attaquer frontalement les conditions de travail des employés de l’Etat. Il constitue une régression sociale d’une ampleur jamais vue à Genève», écrit le parti à la rose.