Elle a encore un peu de mal à s’en remettre. J’ai eu une bouffée quand la salle a commencé à applaudir », se remémore Elsa Lepoivre, 53 ans, au téléphone. La comédienne, originaire de Caen (Calvados), a été sacrée pour la deuxième fois de sa carrière « meilleure comédienne dans un spectacle de théâtre public, lors de la Nuit des Molières, à Paris, pour sa prestation dans « Hécube, pas Hécube ».
Le fait que ça soit une tragédie inspirée de faits réels a sûrement eu un impact
— Elsa Lepoivre
Ce spectacle raconte l’histoire vraie d’un enfant autiste victime d’un système de maltraitance que sa mère dénonce et contre lequel elle s’insurge. Le fait que ça soit une tragédie inspirée de faits réels a sûrement eu un impact sur le choix du jury, estime l’actrice.
Cette récompense est d’autant plus marquante qu’Elsa Lepoivre a déjà été congratulée du même prix en 2017 pour Les Damnés. Et que « Hécube, pas Hécube » l’a touchée très personnellement.
Tous les spectacles nous importent. Mais celui-là rentre tellement dans l’intimité tout en montrant la détresse de cet enfant maltraité, qu’il est différent. C’est bouleversant, s’émeut la sociétaire de la Comédie française.
Une rencontre marquante
Elle se rappelle sa première rencontre à Genève avec cet enfant nommé Elias accompagné de sa mère Natacha. Très craintif, il était resté en retrait.
La Caennaise s’était alors ouverte à lui, lui racontant le spectacle, les deux années passées à se produire sur scène, aussi bien en France qu’en Europe. Sa mère avouera plus tard à Elsa qu’il en était ressorti tout joyeux.
Depuis, Elsa lui envoie, à chaque prestation, une petite note vocale pour le tenir au courant. C’est aussi pour cela qu’elle a tenu à lui adresser quelques mots lors de son discours à la cérémonie des Molières. Je suis certain que sa mère lui a montré le passage et qu’il a souri.
Si les dernières prestations de « Hécube, pas Hécube » se sont terminées début mai, elles reprendront en janvier 2027. En attendant, Elsa Lepoivre se consacre à son prochain rôle dans La Vie Parisienne d’Offenbach, mi-juin au Théâtre du Châtelet à Paris.