l’essentiel
À 20 ans seulement, le comédien Julien Le Berre, originaire du Tarn et formé à Albi, crève l’écran dans le film « Compostelle » qui a dépassé les 900 000 entrées. Il y joue le rôle d’un adolescent en rupture aux côtés d’Alexandra Lamy. Il nous raconte cette aventure.

À 20 ans, Julien Le Berre voit sa carrière prendre un tournant inattendu. Le jeune comédien, formé à Albi avant de tenter sa chance à Paris, connaît un premier succès avec Compostelle, porté par un bouche-à-oreille qui a déjà attiré plus de 900 000 spectateurs.

Tout commence pourtant loin des plateaux de tournage. Au lycée, une amie lui parle des cours de théâtre proposés à la Scène nationale d’Albi, dirigés par Claire Fleury. « Je me suis dit : pourquoi pas ? » Le milieu artistique lui est alors étranger. « Ma mère est professeure de sport, mon père travaille dans les transports. Le cinéma, chez nous, c’était rare. »

Très vite, il découvre une passion pour le jeu. Théâtre ou cinéma importent peu : ce qu’il aime avant tout, c’est interpréter des textes. Avec Claire Fleury, il apprend les fondamentaux : la rigueur, la concentration, le travail collectif. « C’est là que j’ai compris que ce métier était fait pour moi, malgré les galères et la concurrence. »

La décision est prise : il part à Paris pour se former. « Claire voulait que j’intègre un conservatoire accessible à tous, pas seulement à ceux qui ont les moyens. Mais je ne connaissais pas ce milieu, je n’en avais pas les codes. J’ai finalement choisi le Cours Florent. »

Il y restera deux ans. « Je n’avais plus les moyens de payer, mais j’y ai énormément appris, notamment grâce à un professeur de deuxième année qui nous a transmis beaucoup de techniques. » Vient ensuite le temps des castings. « Mon agent m’en a obtenu près de 150. Je crois que je me suis présenté à environ 80. »

« J’ai su que j’allais jouer la veille de mes 20 ans. Joli cadeau ! »

Dans ce métier, il faut encaisser les refus. « Les portes se ferment souvent, mais c’est le jeu. Il y a énormément de monde. » À force de persévérance, il décroche un premier rôle secondaire dans Pour le meilleur, sorti le 22 avril. Le film retrace l’histoire d’amour entre Philippe Croizon, amputé de ses quatre membres, et Suzana, qui l’aidera à relever le défi de traverser la Manche à la nage. « J’ai rencontré de très belles personnes sur ce tournage. »

Puis arrive l’opportunité qui change tout. Le réalisateur Yann Samuell, connu notamment pour L’Âge de raison et La Guerre des boutons, organise le casting de Compostelle. « La scène demandée me correspondait bien. » Au fil des sélections, ils ne sont plus que huit candidats. « Yann m’a appelé la veille de mes 20 ans pour m’annoncer que j’avais le rôle. C’était un magnifique cadeau. »

Le tournage lui permet notamment de partager l’affiche avec Alexandra Lamy. « On a discuté une demi-heure en tête-à-tête avant l’arrivée de Yann. Quand il est arrivé, on riait déjà ensemble. » Une complicité qui se retrouve ensuite à l’écran. Julien garde aussi le souvenir d’un tournage particulièrement serein. « L’ambiance était parfaite. Personne ne haussait le ton. » Il découvre aussi les exigences du cinéma. « On ne tourne jamais les scènes dans l’ordre, donc il faut rester constamment concentré. »

« Le soleil, la nature et les plats de ma mère »

À la sortie du film, le 1er avril, l’inquiétude laisse rapidement place au soulagement. « On est forcément anxieux quand c’est un premier grand rôle. Finalement, le public a répondu présent. » Avec plus de 900 000 entrées, Compostelle s’impose comme l’un des succès surprise de l’année. « Le film reste même à l’affiche dans certains cinémas du Tarn, notamment à Graulhet. Ça fait plaisir. »

Pour autant, le jeune acteur refuse de s’enflammer. « Il faut rester modeste. Dans ce métier, on peut disparaître aussi vite qu’on est arrivé. » Il poursuit aujourd’hui les castings et travaille déjà sur un projet de biopic.

Avant de repartir à Paris, Julien Le Berre a pris quelques jours à Labessière-Candeil pour retrouver sa famille. « Le soleil, la nature et les plats de ma mère : c’était parfait pour recharger les batteries. »