La lutte contre les violences domestiques va prendre forme dans les prochains mois en Suisse avec une surveillance électronique active des auteurs 24 heures sur 24 et en temps réel. Le canton de Vaud va lancer un projet pilote au second semestre 2026.

Les membres de l’association Electronic Monitoring (EM), qui rassemble tous les cantons aux exceptions du Valais et du Tessin, ont confirmé jeudi à Berne leur volonté de généraliser un dispositif actif d’ici 2027.

Près de la moitié des cantons lanceront des tests dès les prochains mois, relatent 24 heures et la Tribune de Genève. Aujourd’hui, dans la plupart des cantons, le système fonctionne encore de manière passive, avec des contrôles effectués après coup.

Les cantons ont pris les devants face à l’inaction du gouvernement fédéral et s’organisent depuis plusieurs mois pour instaurer un système de surveillance électronique dynamique des auteurs de violences conjugales, comme l’avait révélé la RTS en 2025.

>> Relire : Les cantons s’organisent pour mieux prévenir les violences conjugales grâce au bracelet électronique et Les cantons accélèrent le déploiement du bracelet électronique pour lutter contre les féminicides

Une centrale de surveillance

« Ce qui est concrètement prévu, c’est la création d’une centrale qui veillera en tout temps à ce que les périmètres d’interdiction définis par la justice soient respectés », explique dans les journaux romands le conseiller d’État vaudois et président de l’association EM Vassilis Venizelos.

Grâce à la géolocalisation du bracelet, toute intrusion dans une zone interdite déclenchera immédiatement une alerte. Une centrale contactera alors l’auteur pour lui ordonner de quitter les lieux. La police interviendra s’il n’obtempère pas.

Mesurer la distance entre l’auteur de violences et la victime

À terme, le système doit évoluer vers une surveillance dite « dynamique », avec un dispositif porté aussi par la victime afin de mesurer en permanence la distance entre les deux personnes. « Ce dispositif permet de suivre en temps réel et de surveiller simultanément les mouvements des auteurs et des victimes », explique Vassilis Venizelos.

L’élu vaudois rassure: « Il n’est pas question d’imposer ce type de dispositif à une victime. Si une personne ne se sent pas à l’aise avec cette idée, elle ne lui sera pas proposée. » L’objectif est aussi de dépasser les limites cantonales et d’assurer une protection continue sur tout le territoire suisse.

Test dans le canton de Vaud

Le Canton de Vaud déploiera un projet pilote au second semestre 2026 avec six à douze bracelets électroniques. Cette phase test permettra d’évaluer simultanément la surveillance active classique et la surveillance dynamique. « Le but est de généraliser l’outil en 2027 », affirme Vassilis Venizelos.

Lausanne pourrait accueillir cette future structure grâce aux infrastructures déjà existantes de la centrale des « feux bleus » à la Grangette. Dans le canton de Vaud, la surveillance de six à douze bracelets représenterait entre 7500 et 15’000 francs par an. Pour Vassilis Venizelos, « le coût de l’inaction est bien plus important ».

lia avec ats