La réunion du G7 à Evian en juin inquiète les commerçants genevois qui redoutent un scénario semblable au précédent sommet, en 2003, lorsque le centre-ville avait été saccagé. A l’époque, la plupart des vitrines avaient été recouvertes de panneaux en bois par précaution. Ce sera à nouveau le cas cette année.

Les menuiseries sont débordées, à un mois du sommet en France voisine. Mètre laser en main, Adrien Gros note la taille de la devanture d’un magasin du centre de Genève. « On nous a demandé de chiffrer quasiment tout le quartier », glisse le chargé d’affaires de l’entreprise générale Bertolit jeudi dans le 19h30.

La société croule sous les demandes. Pour l’heure, elle en a reçu une centaine pour des vitrines, et ce rien que dans les rues basses, un chiffre qui devrait encore augmenter ces prochains jours.

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« Nous avons une centaine d’employés. Nous allons devoir mobiliser presque l’ensemble de la société et ne pourrons pas répondre à toutes les sollicitations », souligne Adrien Gros.

Commerçante plutôt favorable au droit de manifester, Elodie Dell’Ova a songé à mettre en place des barricades. Elle pense toutefois aux conséquences financières: « C’est onéreux et cela représente un manque à gagner. Barricader une boutique signifie la fermer. En tant que petite commerçante indépendante, je ne peux pas me permettre de fermer un jour ou deux, encore moins une semaine », déclare-t-elle.

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La question de l’indemnisation

Dans le cas d’une fermeture préventive, la perte de revenu n’est pas couverte par l’assurance. En cas de dommages, généralement, les assurances classiques prennent en charge le bris de glace lors d’une manifestation. D’autres dommages matériels peuvent être indemnisés par des assurances complémentaires. Cependant, certains assureurs exigent des mesures de protection appropriées en amont. Faute de quoi, les commerces endommagés risquent de ne recevoir que des indemnités partielles, voire rien du tout.

Tandis que le collectif No G7 appelle à manifester pacifiquement, le Canton n’a pour l’heure donné aucune recommandation.

Pourtant, la Fédération des entreprises romandes estime qu’il incombe à l’Etat d’informer et d’assister les commerces. Elle n’envisage pas d’utiliser les cotisations de ses membres pour les dédommager.

Le Canton a prévu quant à lui de communiquer le 13 mai sur les implications sécuritaires du G7.

Sujet TV: Inès Moubachir

Adaptation web: Antoine Michel