À première vue, l’image relève presque de la science-fiction. Une photo prise par le télescope James Webb où l’on distingue une lumière centrale très vive évoquant un Soleil avec, tout autour, une vaste spirale qui semble être faite de poussière tourbillonnante.

En réalité, il s’agit d’une galaxie nommée Messier 77 située à environ 45 millions d’années-lumière de notre Voie Lactée, quelque part dans la constellation de la Baleine.

C’est la photo choisie par la Nasa et l’ESA comme image du mois pour ce mois de mai.

Un centre ultra-brillant

Le centre de cette galaxie spirale est tellement brillant, avec un noyau composé de gaz chauffé à des températures impressionnantes, qu’il rend ce qu’il y a autour quasiment invisible.

Au milieu, le trou noir supermassif est aussi massif que huit millions de Soleil, et c’est autour de lui que le gaz orbite à une vitesse proche de celle de la lumière, ce qui émet aussi d’importantes radiations. C’est ce que l’on peut voir au centre de l’image, en orange.


Image composite de la galaxie M77 avec différents instruments du James-Webb. © Nasa/ESA

En bleu, il s’agit de particules de poussière visibles grâce à la caméra Miri du James-Webb, capable de voir le rayonnement infrarouge de ces grains.

La galaxie spirale M81, située à 11,84 milliards d'années-lumière, dont le bulbe galactique est visible au centre. © Nasa, ESA

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En revanche, les grandes lignes droites qui semblent sortir du centre ne sont pas réelles : il s’agit d’un effet de diffraction de la lumière dû à la prise de vue par le télescope spatial. Ces aigrettes s’expliquent par la lumière intense émise par la galaxie et vue sur les bords des miroirs hexagonaux du JWST.

La « galaxie pieuvre »

On distingue également les bras de la galaxie, qui peuvent évoquer des tentacules, et qui sont formés de gaz d’hydrogène réparti sur des dizaines de milliers d’années lumière.

Messier 77 est particulièrement intéressante à étudier, car elle est assez facilement visible depuis la Terre. Mais aussi parce qu’il s’agit d’une galaxie très active où de nombreuses étoiles naissent, beaucoup plus que dans la Voie Lactée.


© Nasa, ESA

Les données ici sont si fines que l’on peut distinguer les amas d’étoiles et les réservoirs de gaz, qui sont les zones les plus dynamiques à travers cette galaxie.

L’anneau de la galaxie, en son centre, est donc idéalement situé pour être examiné sous toutes ses coutures par plusieurs télescopes, dont James-Webb, dernier en date.