Dans le val d’Anniviers, la faille des Fios menace de s’effondrer. La commune de Chippis a détruit jeudi un pont datant de 1880 afin de sécuriser un quartier particulièrement exposé.

La destruction du Pont du cimetière permettra d’éviter un embâcle, qui aurait eu comme conséquence un débordement de la Navizence, qui traverse le village de Chippis. Cette crue éventuelle aurait principalement touché le quartier du Bord et sa cinquantaine d’habitants.

« Même si cet ouvrage est classé, nous avons choisi de le détruire pour des questions de sécurité », avait expliqué Olivier Perruchoud, le président de la commune de Chippis, lors d’une séance d’information publique le 9 mars dernier. « Des travaux de surélévation et d’extension des digues seront réalisés avant fin mai afin de limiter les risques d’inondation. »

La faille des Fios le 9 mars. [KEYSTONE - LAURA JULIANO] La faille des Fios le 9 mars. [KEYSTONE – LAURA JULIANO]

En plus du démontage du pont, plusieurs infrastructures ont dû être déviées, comme des conduites d’égouts, des câbles électriques et de la fibre optique, de même que des installations de services.

Le coût total des travaux se monte à 1,8 million de francs. Ce montant sera pris en charge à environ 85% par le Canton du Valais, le solde par la commune de Chippis.

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Près d’un million de mètres cubes

Une rampe provisoire qui passe en rive droite a été installée afin de pouvoir se rendre, en véhicule ou à pied, dans le quartier du Bord. Un nouveau pont verra ensuite le jour, mais pas avant deux ans. L’ouvrage devra supporter un tonnage de 30 à 40 tonnes, afin de permettre le passage des poids lourds, comme ceux qui avaient été nécessaires à l’évacuation des gravats de la Navizence.

Outre la fissure principale située à proximité du village de Grimentz, les géologues appelés sur place ont constaté l’apparition de plusieurs failles secondaires. « La masse instable avoisine le million de mètres cubes », estime Olivier Perruchoud. Le lieu est sous surveillance active depuis octobre 2025, soit depuis le moment de la découverte de la brèche.

Plusieurs scénarios envisagés

La faille s’est formée à la suite des crues de 2018 et de 2024. Le lit de la rivière, qui servait de « socle » au pan de montagne situé au-dessus, a été fragilisé par l’eau. Privée de ce support, la masse de terre se met ainsi gentiment à glisser, provoquant un important tassement de terrain et laissant apparaître une fissure de 250 mètres de long et une largeur comprise entre 80 cm et 1 mètre.

Le scénario « catastrophe » consisterait en un mouvement général de toute la masse en glissement. A ce stade, le scénario privilégié demeure un affaissement de la masse par morceaux successifs.

« En retirant le pont, on devrait être tranquille », espère Olivier Perruchoud. « Désormais, on va viser à limiter au maximum l’impact sur le quartier du Bord. Une nouvelle simulation de la Navizence doit être réalisée afin de définir si des mesures complémentaires seront nécessaires à la protection du quartier ou non. »

>> A revoir sujet du 19h30 du 27 février sur le risque d’effondrement de la faille des Fios : La faille du Val d'Anniviers sous surveillance, effondrement et crues menacent La faille du Val d’Anniviers sous surveillance, effondrement et crues menacent / 19h30 / 2 min. / le 27 février 2026

ats/ami