Le nombre de rappels de produits n’a jamais été aussi élevé en Suisse. Cette année, il devrait pour la première fois largement dépasser la barre des 200. En cause: le nombre croissant d’achats divers en ligne, dont certains passent même sous le radar des contrôles.
Les rappels de produits explosent: jeudi matin, il s’agissait d’un gel ophtalmique potentiellement non stérile; la veille, de champignons contaminés par une bactérie et de bouilloires dotées de poignées trop fragiles.
La hausse des alertes atteint 50% entre 2022 et 2025. La tendance se confirme depuis le mois de janvier, avec 90 produits déjà retirés du marché, soit la moitié des retraits de l’année passée.
« Le fait qu’il y ait des rappels n’est pas un signe d’une faiblesse du système. Au contraire, cela montre que le système fonctionne », a estimé le responsable du secteur coordination et surveillance de l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires Manel Nobel jeudi dans le 19h30 de la RTS.
>> Le sujet du 19h30 :
Les rappels de produits sont en nette augmentation en Suisse / 19h30 / 2 min. / jeudi à 19:30 Autocontrôles par les fabricants
Le système est d’abord basé sur l’autocontrôle: les producteurs doivent analyser eux-mêmes leurs produits. Or, un rappel peut avoir de graves conséquences économiques pour eux.
« Nous discutons entre producteurs, transformateurs et distributeurs pour trouver les meilleurs contrôles possibles », assure Paul Meier, directeur de Fromarte, la faîtière des fromagers artisanaux.
Les autorités devraient avoir la main sur la gestion du risque, et non les fabricants
Sophie Michaud Gigon, directrice de la FRC
Dans un deuxième temps, les autorités procèdent à des contrôles ciblés basés sur les risques, mais leurs moyens sont limités. « On délègue la gestion du risque aux fabricants. Les autorités devraient avoir la main dessus », estime Sophie Michaud Gigon, directrice de la Fédération romande des consommateurs.
Les rappels ne concernent pas uniquement les denrées alimentaires. Les produits électroniques, outils et autres jouets contribuent à l’augmentation du nombre de rappels, et notamment ceux vendus en ligne.
Des produits qui échappent aux normes suisses
Plus problématique encore, les produits achetés sur des plateformes étrangères échappent complètement aux contrôles, car ils ne sont pas soumis à la législation suisse. « De plus en plus de produits dangereux sont achetés par les consommatrices et consommateurs, qui sont censés être responsables eux-mêmes de la conformité du produit », déplore Sophie Michaud Gigon.
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« Si vous achetez des cosmétiques, des jouets ou des compléments alimentaires sur des sites étrangers, il n’y a aucune garantie que les exigences suisses soient respectées », avertit de son côté Manel Nobel.
Les autorités reconnaissent une certaine forme d’impuissance. Le dossier de la régulation des plateformes étrangères devrait rapidement être traité au Parlement.
>> Les précisions de Steve Roth dans le 19h30 :
Steve Roth revient sur la problématique des produits importés de l’étranger / 19h30 / 55 sec. / jeudi à 19:30
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Sujet TV: Steve Roth
Adaptation web: Antoine Michel