Le nombre de pressings a été divisé par deux ou trois en 25 ans, alors qu’un Français sur six seulement dit y aller au moins une fois par mois.En cause notamment : des normes écologiques et environnementales de plus en plus poussées.Mais nos habitudes vestimentaires ont surtout beaucoup changé.

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Le 13H

Pour cette cliente, se rendre au pressing pour faire nettoyer une veste est une évidence. « Si on veut qu’elle dure longtemps, il faut l’emmener au pressing, c’est un professionnel, c’est obligé », estime cette dernière dans le reportage en tête de cet article. Elle devra compter 9,90 euros pour ce nettoyage. 

Si le gérant met en avant une qualité de service irréprochable, il a dû aussi s’adapter pour maintenir son chiffre d’affaires. « Le volume des vêtements baisse dans notre activité. Il faut qu’on développe d’autres activités qui nous permettent de tenir », explique ainsi David Barrière, gérant de l’établissement « Pressing 5 étoiles » à Limoges dans la vidéo ci-dessus. Et d’illustrer : « On travaille plus avec les collectivités, on travaille plus avec des grosses entreprises. »

« Les habitudes vestimentaires des Français ont beaucoup changé »

De fait, en 20 ans, la profession a perdu la moitié de ses effectifs. En cause notamment : des normes écologiques et environnementales de plus en plus poussées. « Quand on a changé de normes, on a acheté de nouvelles machines dans les 40.000, 45.000 euros. Et je pense qu’il y en a beaucoup de mes confrères qui n’ont pas résisté à tous ces changements, ça c’est sûr », estime ce dernier.

Mais un autre facteur permet d’expliquer la baisse du nombre de pressings : depuis les années 60, les habitudes vestimentaires des Français ont beaucoup changé. « Il n’y a plus ce côté veste de costume, les choses comme ça », confirme une habitante. « Avant, le tissu c’était de très bonne qualité, du vrai coton. Maintenant, vous lavez et il n’y a même plus besoin de repasser », explique une autre. « Ce n’est plus un réflexe d’aller au pressing », abonde une troisième.

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Cette tendance est accentuée par les nouveaux modes de consommation sur Internet. « La fast fashion et l’ultra fast fashion sont là, c’est vrai. Elles ont fait des dégâts. Quand vous achetez un imperméable 15 euros en fast fashion, vous n’allez pas dépenser 10, 12 ou 15 euros pour le faire nettoyer, vous le mettez à la poubelle », commente Olivier Risse, président de la Fédération française des pressings et blanchisseries.

Certaines petites villes, comme Saint-Léonard-de-Noblat, 4.000 habitants, doivent désormais faire sans pressing. Le dernier a été remplacé par une compagnie d’assurance. « C’est embêtant, parce que c’était bien d’avoir un pressing », regrette une habitante. 

La rédaction de TF1info | Reportage Carlo PAREDES et Emmanuel SARRE