l’essentiel
Le street-artiste Olivier Giner expose pour la première fois au musée des Abattoirs à Toulouse du 11 au 26 mai. Ce peintre atypique de 36 ans mêle fresques sociales et souvenirs personnels depuis plus de quinze ans.

Olivier Giner, street artiste, peintre et illustrateur toulousain de 36 ans, va exposer au Musée des Abattoirs du 11 au 26 mai. « Une première » pour cet artiste atypique qui, depuis 2009, pose un peu partout dans la ville et sur tous supports ses états d’âme, son imaginaire et ses questionnements sur notre époque. « Je fais cette expo de groupe intitulée ‘Identités’ avec l’association BeArt, précise-t-il, qui rassemble une dizaine d’artistes. Une belle visibilité qui, je l’espère, portera ses fruits, car il y a bien trop d’isolement dans ce milieu artistique ».

Olivier Giner et son "Monde de porcs", une des toiles présentées aux Abattoirs.

Olivier Giner et son « Monde de porcs », une des toiles présentées aux Abattoirs.
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Olivier Giner a le dessin et la peinture chevillés au corps depuis l’enfance. « Du plus loin que je me souvienne, je me revois toujours avec un pinceau ou des crayons de couleur en main », explique cet autodidacte qui a démarré en extérieur sur un mur de l’avenue des États-Unis, derrière le magasin BricoDéco.

L’Oiseau magique

Olivier Giner est un touche-à-tout, porté toujours par une base narrative sur des thématiques sociales. « Je suis très sensibilisé par les bouleversements de notre société, assure-t-il. Tout est pour moi source de créativité, sans chercher à produire des images confortables. Ce qui m’intéresse, c’est la tension, ce qui contraint, déforme, résiste ».

Covid, féminisme, guerre deviennent des thèmes privilégiés. En 2022, route de Launaguet, le passant peut découvrir une large fresque colorée en hommage aux victimes des guerres. En 2023, il réalise une fresque de 130 m² dans le préau de l’école privée maternelle et élémentaire Sainte-Foy à Toulouse. Une œuvre pédagogique émaillée d’animaux exotiques dans une jungle luxuriante pour accueillir chaque matin les enfants. « Dans ce travail, il existait des références à Alice au pays des merveilles, aux Blues Brothers. Autant de sujets pour bousculer l’imaginaire et oublier les écrans ».

Le paradis des enfants exposé à l’école Sainte-Foy à Toulouse.

Le paradis des enfants exposé à l’école Sainte-Foy à Toulouse.
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En 2024, retour sur le mur de la route de Launaguet pour réaliser un drôle d’oiseau rouge sur une branche, entouré de fleurs et de papillons. « Un travail pour la Fête des Pères et rendre hommage à tous les papas. J’ai perdu le mien à l’âge de neuf ans. Un âge où ça ne devrait pas arriver ».

Décidément jamais en repos, il est depuis onze ans à la tête de Garonne Expose à la Daurade, une exposition d’artistes, créée en 2011 par des étudiants des Beaux-Arts. Un artiste qui, comme beaucoup, connaît des hauts et des bas. « L’an passé a été bon, assure-t-il. J’ai été lauréat de la banque éthique NEF et j’ai eu un contrat avec l’association Les Blouses Roses avec une commande de 30 aquarelles. C’était top. Pour nous, les artistes peintres, seul notre travail nous fait vivre. Et aujourd’hui l’art est dur ».

Musée des Abattoirs, 76 allées Charles-de-Fitte à Toulouse. Garonne Expose, chaque dimanche place de la Daurade. Également le 23 mai salle Barcelone de 9 h à 21 heures et le 21 juin, jardin Monplaisir de 10 h à 19 heures.