Une quarantaine de pages d’une des plus anciennes bibles du monde a été découverte dans de vieux ouvrages dans plusieurs pays, a indiqué un professeur de l’Université de Glasgow la semaine dernière. Cette trouvaille, rendue possible grâce aux techniques d’imagerie moderne, clôt un travail de recherche de longue haleine.
Cet ouvrage n’est pas à proprement parler une bible complète mais une très ancienne collection de textes du Nouveau Testament. Il s’agit de lettres attribuées à l’apôtre Paul datant du 6e siècle de notre ère.
Originellement rassemblées dans un livre connu sous le nom de « Codex de Jérusalem » ou « Codex H », ces lettres ont été séparées entre le 10e et le 13e siècle au mont Athos en Grèce, puis leur trace s’est perdue.
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RTSreligion (vidéo) – Des lettres de saint Paul perdues depuis 1000 ans ont été retrouvées / RTSreligion / 2 min. / mardi à 06:20 Lettres éparpillées
Le livre a été démantelé afin de réutiliser les feuillets pour confectionner de nouveaux ouvrages, pour en relier d’autres ou faire des pages de garde. Une pratique courante au Moyen-Age alors qu’il n’y avait pas beaucoup de parchemins.
Les lettres perdues de l’apôtre Paul retrouvées. [Université de Glasgow – Damianos Kasotakis]
Les fragments du Codex de Jérusalem ont donc été dispersés dans des livres qu’on trouve aujourd’hui dans différentes bibliothèques en Grèce, en Italie, en Russie, en Ukraine ou encore en France.
Et c’est dans ces différents ouvrages que l’équipe dirigée par Garrick Allen, professeur de théologie et d’exégèse biblique à l’université de Glasgow, en a retrouvé la trace.
Texte fantôme décrypté
Pour ce faire, ils ont utilisé les techniques d’imagerie moderne qui permettent de faire émerger les écritures effacées. L’encre utilisée lors de la confection du Codex a attaqué la page en vis-à-vis et y a laissé une très légère empreinte en négatif. Ces investigations ont été complétées par des datations au carbone 14 et des comparaisons avec les quelques feuillets conservés intacts dans un monastère du mont Athos.
Ce manuscrit, écrit en grec, révèle que le texte biblique n’était pas encore figé au 6e siècle: les copistes y introduisaient des variantes, des corrections et des annotations, et la division en chapitres et versets que nous connaissons aujourd’hui était fort différente.
Fabien Hünenberger / juma