Dans le canton de Vaud, 300 vaches seraient mortes après la pose de panneaux solaires. La RTS a fact-checké cette affirmation. Si le problème technique est bien réel, le lier directement au photovoltaïque est plus complexe. Le sujet est à l’origine d’une discussion au Parlement.

Panneaux solaires: un danger pour les vaches, vrai ou faux? Panneaux solaires: un danger pour les vaches, vrai ou faux? / FastCheck / 5 min. / jeudi à 13:32

Une étable ultramoderne, un toit couvert de panneaux solaires: le projet d’un agriculteur vaudois semblait exemplaire. Mais le rêve a tourné au cauchemar avec la mort de près de 200 vaches et 120 génisses. L’installation photovoltaïque a rapidement été pointée du doigt.

L’affaire, révélée par Blick en avril, concerne Marc Schertenleib, un éleveur reconnu pour ses vaches d’exception. Après avoir construit sa nouvelle installation à Vulliens (VD), il a vu son troupeau dépérir, ses bêtes souffraient notamment d’acidose respiratoire. Le bilan est lourd: plus de 300 vaches mortes et une perte que l’agriculteur estime à 3 millions de francs, justifiée notamment par « les frais vétérinaires qui ont quadruplé, tout le lait jeté » et la perte de production. Le « courant vagabond » généré par l’installation est suspecté.

Le vrai coupable: l’installation, pas les panneaux

Le phénomène technique du courant vagabond existe. Mais est-il directement lié à la technologie photovoltaïque? Pas nécessairement. Pour Jürg Grossen, président de Swissolar et conseiller national vert’libéral, la cause est plus large: « Le problème ne vient pas du panneau solaire en tant que tel, mais d’une installation électrique mal conçue, mal raccordée ou insuffisamment contrôlée. » Un courant vagabond peut tout aussi bien provenir d’un robot de traite ou d’un simple néon.

Pour Pascal Python d’Agridea, le centre de conseil agricole, le diagnostic s’avère complexe. Il nous explique que les symptômes ne sont pas une preuve en soi. « Leurs symptômes peuvent facilement être confondus avec ceux d’autres causes, par exemple une installation de traite défectueuse, des erreurs d’alimentation, un problème sanitaire, etc. »

Le débat s’invite au Parlement

Cette complexité technique s’est invitée sous la Coupole. S’appuyant sur ce cas, le conseiller national et agriculteur Jacques Nicolet (UDC) a déposé deux textes en mars 2026: un postulat pour un rapport complet sur le phénomène, et une interpellation qui propose un moratoire sur les installations solaires sur les bâtiments d’élevage.

A l’opposé, une motion de Leo Müller (Le Centre) demande au contraire d’accélérer et de mieux subventionner le solaire agricole. Le Conseil fédéral devra se positionner sur ces deux visions.

Au-delà de la discussion politique, tous les experts s’accordent sur l’essentiel: la clé du problème réside dans la qualité de l’installation et le contrôle des installations par des professionnels certifiés.

Hélène Joaquim