Depuis le début de l’année, l’Andalousie, au sud de l’Espagne, a subi une succession de tempêtes et d’inondations sans précédent. Des villages entiers ont dû être évacués et l’agriculture, secteur clé de l’économie andalouse, a été particulièrement touchée.
Début février, le passage coup sur coup des dépressions Leonardo puis Marta avait provoqué des inondations impressionnantes et l’évacuation de plus de 11’000 personnes en Andalousie. Des dizaines de routes ont été coupées et le trafic ferroviaire largement suspendu.
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Pendant onze jours, Grazalema, l’une des communes andalouses les plus touchées, a été vidée de ses habitants. A cause des pluies record, la roche sur laquelle repose la localité s’est gorgée d’eau comme une éponge. Le village a commencé à ressentir des secousses. Il a été évacué pour la première fois de son histoire.
« On pensait que tout allait s’effondrer », témoigne une habitante jeudi dans le 19h30 de la RTS. L’Espagnole vit à Grazalema depuis trente ans et n’avait jamais vu cela. « Il a plu sans s’arrêter pendant un mois. C’était impressionnant », confie-t-elle.
L’impact du changement climatique
Désormais, le danger semble écarté à Grazalema, mais des experts viennent tous les jours pour évaluer les risques d’éboulement. « Les nappes phréatiques se sont remplies trop vite. Elles n’étaient pas capables de drainer cette quantité d’eau exceptionnelle », explique l’hydrogéologue Crisanto Martín.
Inondations à Grazalema, Andalousie, le 5 février 2026 [Keystone – Joaquín Corchero/Europa Press via AP]
L’Andalousie a vécu onze tempêtes depuis le début de l’année. Cette météo exceptionnelle pourrait devenir la norme dans les prochaines décennies, à cause du changement climatique.
« D’après nos projections, nous prévoyons des sécheresses plus intenses », indique Rubén del Campo, de l’agence météorologique espagnole (Aemet). « Comme il fera plus chaud, l’évaporation des océans augmentera, alors ces sécheresses seront suivies d’épisodes de pluie très violents. »
L’agriculture fortement touchée
En accumulant les dégâts matériels causés dans la région par les dépressions Leonardo et Marta, « l’impact économique sera de plusieurs millions d’euros », a estimé il y a deux semaine le président andalou Juan Manuel Moreno, avec plus de 500 millions d’euros de travaux de réparation sur les axes routiers et un secteur agricole « durement touché ».
Les inondations pénalisent en effet l’agriculture, secteur clé de l’économie andalouse. La région est notamment la première productrice d’huile d’olive au monde. Mais les champs étant longtemps restés inaccessibles en raison de la pluie et des inondations, une grande partie de la récolte a fini dans la boue.
Les inondations ont fortement pénalisé l’agriculture, secteur clé de l’économie andalouse. [RTS]
« Normalement, on récolte les olives dans l’arbre. Elles n’auraient pas dû tomber », se désole Francisco Elvira, agriculteur. « La moitié est bonne à jeter ». Au total, les agriculteurs de la région prévoient 3 milliards de francs de perte. Le potager de l’Europe a perdu 20% de sa production.
Face à cette situation « inédite », l’Andalousie va demander l’aide de l’Etat espagnol et du Fonds de solidarité de l’UE, utilisé en cas de catastrophes naturelles majeures, a annoncé Juan Manuel Moreno.
Reportage TV: Auriane Loizeau
Texte web: edel avec afp