Déjà grand favori après le premier tour, le conseiller municipal socialiste Raphael Golta a été élu ce dimanche avec plus de 41’098 voix, soit plus de 80% lors d’un second tour sans concurrence officielle. Il succède à sa camarade de parti Corine Mauch, qui dirigeait Zurich depuis 2009.

Le résultat ne faisait guère de doute. Aucun autre membre de l’exécutif municipal n’avait souhaité se lancer dans la course à la mairie. Sept d’entre eux sont socialistes ou verts, et aucun n’a souhaité contrer Raphael Golta, 50 ans. A droite, le libéral-radical Michael Baumer et le Vert’libéral Andreas Hauri avaient également renoncé à se présenter.

Le taux de participation de ce second tour s’est élevé à 23,5%. Plus de 9000 suffrages se sont toutefois portés sur d’autres candidats, même si le détail des voix n’était pas encore connu.

Lors du premier tour, le 8 mars dernier, Raphael Golta avait déjà largement dominé le scrutin. Il avait toutefois échoué de peu à atteindre la majorité absolue, manquant celle-ci de seulement 2730 voix. Son principal concurrent, le libéral-radical Përparim Avdili, avait terminé à près de 27’000 voix derrière lui.

Les cinq autres candidats à la mairie n’ayant pas été élus à l’exécutif municipal, ils ne pouvaient plus briguer la fonction au second tour. Résultat: Raphael Golta s’est retrouvé seul candidat officiel. La loi zurichoise impose toutefois l’organisation d’un vote même lorsqu’un seul nom figure sur les bulletins, une particularité rare en Suisse.

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La campagne aura malgré tout connu un léger épisode de tension. Mi-avril, un tract électronique anonyme appelant à soutenir la municipale socialiste Simone Brander plutôt que Raphael Golta avait circulé sur les réseaux. L’intéressée avait rapidement nié toute implication et assuré qu’elle refuserait la fonction en cas d’élection.

Le logement au cœur de son programme

Agé de 50 ans, Raphael Golta siège à l’exécutif de Zurich depuis dix ans, à la tête du département des Affaires sociales. Souvent présenté comme le successeur naturel de Corine Mauch, il promet toutefois d’imprimer son propre style, jugé plus direct et plus offensif.

Sa priorité affichée est la crise du logement. Avec un taux de vacance d’à peine 0,1%, Zurich fait face à une pénurie aiguë. Le futur maire défend la construction de logements abordables et un renforcement de la protection des locataires.

Autre dossier sensible: les relations avec le canton de Zurich, qui se sont tendues ces derniers mois autour des questions de mobilité. Les débats sur les limitations de vitesse à 30 km/h sur certains grands axes cristallisent notamment les tensions entre la ville et les autorités cantonales.

Un second tour jugé « inutile »

Ce second tour sans suspense devrait coûter environ 600’000 francs à la ville. Une situation vivement critiquée par l’ancien rédacteur en chef du Blick am Abend, Thomas Benkö, qui a dénoncé sur LinkedIn « le second tour de scrutin le plus inutile de l’histoire » de Zurich.

La situation n’est toutefois pas inédite. En 1990 déjà, le socialiste Josef Estermann s’était retrouvé seul candidat officiel après le retrait du maire PLR Thomas Wagner. Le scrutin avait cependant été serré: Thomas Wagner, bien que retiré, n’avait terminé qu’à environ 3000 voix de son rival. Cette élection avait marqué le début de la domination rose-verte sur la politique zurichoise.

Valentin Jordil