Dans le canton de Fribourg, le Parti socialiste (PS) cherche sa locomotive pour les élections de cet automne à la succession de Jean‑François Steiert au Conseil d’Etat. Deux figures du parti sont en lice pour la section socialiste de la ville de Fribourg: la préfète de la Sarine, Lise‑Marie Graden, et le député Simon Zurich. Un choix stratégique qui divise et met le parti sous pression.
A Fribourg, à six mois des élections, le PS doit trancher entre deux personnalités déterminées à ne rien céder: Lise‑Marie Graden et Simon Zurich, dans une bataille interne qui préfigure déjà la course au Conseil d’Etat.
Les deux candidats sont des poids lourds du PS, mais leur candidature pose un problème de taille: tous deux habitent la ville de Fribourg. Or, la direction du parti entend respecter ses critères de sélection, qui exigent un équilibre régional parmi les trois candidats socialistes en lice cet automne. Présenter les deux sur la même liste serait tentant, mais contraire aux règles internes.
Une évidence remise en cause
L’arbitrage s’annonce particulièrement délicat. D’un côté, Lise‑Marie Graden, préfète du district de la Sarine, figure populaire du parti. Elue en 2021, elle est la première femme de l’histoire du canton de Fribourg à occuper ce poste. Son bilan est jugé solide et sa candidature faisait figure d’évidence, presque naturelle, au sein des rangs socialistes.
Mais Simon Zurich en a décidé autrement. Député au Grand Conseil, figure bien connue du public romand et vice‑président de l’Organisation suisse des patients, il s’est lui aussi lancé dans la course, compliquant un peu plus encore l’équation pour la direction du parti.
Deux profils solides, et un véritable casse‑tête pour le parti. Ces derniers jours, la direction cantonale du PS et la section locale se sont renvoyé la responsabilité du choix. Finalement, le comité local a apporté son soutien à Lise‑Marie Graden.
Un ticket féminin qui divise
Mais l’affaire était loin d’être réglée. Malgré cette prise de position, Simon Zurich a décidé cette semaine de maintenir sa candidature. Résultat: les quelque 200 membres du PS de la ville de Fribourg ont été convoqués en urgence en assemblée, prévue lundi soir, pour trancher.
Lise‑Marie Graden semble partir avec une courte longueur d’avance. Mais rien n’est joué. Très médiatique, Simon Zurich, 36 ans, peut lui aussi compter sur de nombreux soutiens au sein du parti.
Le député pourrait également tirer parti du critère de genre: à ce stade, seules des femmes socialistes ont déposé une candidature. Or, la perspective d’un ticket 100% féminin emmené par Lise‑Marie Graden est loin de faire l’unanimité.
L’absence de sortant fait exploser les lignes
Derrière cette bataille interne, le parti apparaît profondément divisé. Une situation inédite: c’est la première fois à Fribourg, depuis vingt ans, que le PS se présente sans candidats sortants à l’élection au Conseil d’Etat. De quoi aiguiser les ambitions.
En interne, certaines voix dénoncent l’appétit jugé excessif de Simon Zurich. D’autres regrettent au contraire qu’une candidature jugée solide puisse être écartée pour de simples raisons géographiques.
Un parti sous tension, désormais confronté à un choix et à un sacrifice douloureux. D’ici vingt‑quatre heures, le PS fera connaître le nom du ou de la probable nouveau membre socialiste du Conseil d’Etat du canton de Fribourg.
Sujet radio: Mehdi Piccand
Adaptation web: Miroslav Mares