Quatre mois après le drame de Crans-Montana, les professionnels de la santé continuent d’accompagner les grands brûlés dans leur rétablissement. Physiothérapeutes et ergothérapeutes jouent un rôle important dans la prise en charge multidisciplinaire, dès les premières heures à l’hôpital et tout au long du processus de guérison.

Le 1er janvier dernier, le CHUV a accueilli plusieurs victimes gravement brûlées à la suite de l’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana. Théophile Balma, physiothérapeute et chef d’unité au CHUV, est revenu sur cette journée marquante au micro de l’émission CQFD: « C’était une expérience à laquelle on ne peut pas se préparer. Nous avons dû intervenir immédiatement pour aider à transporter les patients vers les blocs opératoires ou les unités de soins intensifs », se remémore-t-il.

Une prise en charge dès les premières heures

Dès leur arrivée à l’hôpital, les grands brûlés bénéficient d’une évaluation complète. Les physiothérapeutes, présents 24 heures sur 24, se concentrent sur l’évaluation cutanée et respiratoire. « Nous participons au nettoyage des brûlures, à l’évaluation de l’état de la peau et à la surveillance de  l’impact des fumées inhalées, qui peuvent endommager les voies respiratoires », explique Théophile Balma.

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De leur côté, les ergothérapeutes, comme Lorraine Volz, interviennent sur le positionnement des patients pour prévenir les complications telles que les œdèmes ou les rétractions. « Nous utilisons des coussins et des attelles sur mesure pour guider la cicatrisation et préserver la mobilité des articulations », précise-t-elle. Avec notamment un objectif primordial, s’assurer que les mains et le pieds puissent assurer leur fonction après la guérison.

Une rééducation longue et progressive

La rééducation des grands brûlés est un processus long et exigeant. Les physiothérapeutes travaillent à mobiliser progressivement les patients, même lorsqu’ils sont encore intubés ou alités. « L’objectif est de les verticaliser le plus rapidement possible pour éviter les complications liées à l’alitement prolongé », souligne Théophile Balma.

En parallèle, les ergothérapeutes aident les patients à retrouver leur autonomie dans les gestes du quotidien, comme manger ou s’habiller. « Nous adaptons nos interventions aux priorités de chaque patient, en tenant compte de leurs besoins spécifiques et en travaillant étroitement avec leurs familles », explique Lorraine Volz. Chaque personne touchée établit sa liste de priorités dans les gestes d’autonomie qui lui sont importants.

La cicatrisation de la peau brûlée est un processus complexe et variable selon les individus. Chez les adultes, la rééducation active dure en moyenne un an, tandis que chez les plus jeunes, elle peut s’étendre jusqu’à la fin de leur croissance. « Nous devons être particulièrement vigilants autour des six mois, moment où un pic inflammatoire peut survenir », précise Théophile Balma.

Pour prévenir les complications, des vêtements compressifs et des attelles sont utilisés afin de favoriser une cicatrisation optimale. Cependant, la peau cicatrisée ne retrouvera jamais complètement son état initial, tant sur le plan esthétique que physiologique.

Un suivi indispensable

La collaboration entre physiothérapeutes, ergothérapeutes, chirurgiens et familles est essentielle pour offrir une prise en charge globale et adaptée. L’objectif ultime: permettre aux patients de retrouver leurs capacités physiques et leur autonomie, malgré les séquelles permanentes laissées par les brûlures.

Sujet radio: Huma Khamis

Adaptation web: Laure Pagella