Opinion
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Le Canton de Vaud doit choyer ses contribuables riches
En matière de fiscalité, Vaud a la triste réputation d’être un enfer par rapport aux autres cantons suisses.
L’invité
Fabrice Moscheni – Député UDC
Publié aujourd’hui à 06h45
Dans le débat fiscal vaudois, on oppose souvent les «riches» aux classes modestes et à la classe moyenne. C’est une erreur. En réalité, fiscalement, les contribuables les plus aisés sont aujourd’hui les meilleurs alliés des plus modestes, parce qu’ils financent une part décisive de l’État, de ses prestations et de la solidarité cantonale.
Les chiffres sont éloquents. Dans le canton de Vaud, près de 45% des recettes de l’impôt sur le revenu reposent sur environ 7% des contribuables. En matière de fortune, la concentration est encore plus spectaculaire: près de 90% des recettes de l’impôt sur la fortune sont générées par environ 12% des contribuables. Une petite minorité paie donc une part énorme de la facture collective. Ce sont ces recettes qui financent nos écoles, nos routes, notre sécurité, notre santé et une politique sociale très généreuse.
Il faut aussi avoir le courage de dire les choses clairement: le canton de Vaud est un enfer fiscal pour les contribuables aisés. Comparé aux autres cantons suisses, il est en effet le canton où la charge fiscale est la plus élevée sur la classe moyenne et la classe aisée. Le symbole le plus frappant de cette dérive est l’existence même du bouclier fiscal vaudois. Introduit pour éviter une imposition jugée confiscatoire, il plafonne l’impôt sur le revenu et la fortune à 71,5% du revenu net. Lorsqu’un Canton doit créer un tel mécanisme pour empêcher certains contribuables de payer plus que ce qu’ils gagnent réellement, c’est qu’il a atteint un niveau de pression fiscale inadmissible. Depuis 2022, l’existence même de ce bouclier est d’ailleurs remise en cause, plaçant plusieurs contribuables importants dans une situation d’incertitude.
Évolution migratoire
À cela s’ajoute une évolution migratoire préoccupante. Si l’on prend le solde entre les arrivées et les départs dans le canton, la catégorie qui progresse le plus est celle des contribuables au revenu imposable faible, typiquement entre 0 et 30’000 francs par an. En 2024, ils représentaient 3704 personnes, soit 62% du solde migratoire des nouveaux installés. Or ces contribuables modestes sont aussi, avec une forte probabilité, ceux qui bénéficient de prestations sociales, notamment du subside à l’assurance maladie.
Le canton de Vaud attire donc aujourd’hui une majorité de contribuables à faible capacité contributive, alors que son équilibre budgétaire repose déjà sur un socle réduit de contribuables aisés. Si, en sus, le Canton continue à surtaxer ces derniers, alors qu’ils paient l’essentiel des impôts, ils finiront sans aucun doute par partir vers des cantons plus attractifs fiscalement. Avec toujours plus de charges sociales et une substance fiscale fragilisée, le risque est que la facture soit reportée sur la classe moyenne vaudoise sous forme d’une augmentation d’impôt!
Défendre une fiscalité supportable pour les contribuables aisés, ce n’est donc pas défendre un privilège. C’est défendre la stabilité financière du Canton, sa capacité à fournir des prestations sociales et protéger, en réalité, la classe moyenne contre de nouveaux impôts!
Député UDC.
Chantal Dervey
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