‘Elément blanc’, réalisé par Bastien Genoux, est un court métrage qui explore la vie et la disparition d’une œuvre d’art emblématique de l’EPFL créée par l’artiste Husky Cobalt. Le film est projeté en avant-première ce 11 mai dans le cadre du festival Les Culturelles.

Installée en 1985 sur l’esplanade centrale de l’EPFL, la sculpture ‘Elément blanc’ de la Bâloise Owsky Kobalt a été démontée il y a quelques mois pour laisser place au chantier de nouveaux bâtiments. Pour garder une trace de cette œuvre et à la demande du Pôle Culture de l’EPFL dirigé par l’historienne de l’art Véronique Mauron Layaz, le réalisateur Bastien Genoux a réalisé un court métrage qui raconte l’origine, la vie et la dislocation de la monumentale sculpture en marbre de Carrare.

L’œuvre d’Owsky Kobalt, vue du ciel, apparaissait comme un cube parfaitement redressé. Elle était composée de 64 dalles avec des joints ouverts, permettant à l’herbe de pousser, ce qui en faisait un « monument qui vivait ». « On avait envie de grimper dessus, de monter, de l’utiliser, en fait. Et puis, ça a été une sorte d’estrade, une sorte de scène dans les manifestations », raconte le réalisateur Bastien Genoux dans l’émission Vertigo du 7 mai. Plus qu’une simple sculpture, elle était devenue un mobilier urbain, utilisée par les étudiants pour s’y asseoir, manger, danser, ou même dormir au soleil.

>> A écouter, l’interview de Bastien Genoux et Véronique Mauron Layaz dans l’émission Vertigo : Les invité.es : Bastien Genoux et Véronique Mauron Layaz (Pôle culture EPFL) pour le film « Element / Vertigo / 46 min. / jeudi à 17:06 Une démolition inévitable

L’œuvre a toujours « gêné », rappelle Véronique Mauron Layaz. Elle avait pour but de faire réfléchir à l’architecture et à l’urbanisme de l’esplanade de l’EPFL. L’artiste s’était battue pour qu’elle soit placée à cet endroit précis, car elle coupait les circulations et les flux, incitant les gens à « prendre un chemin de traverse » plutôt que d’aller « tout droit d’un point A à un point B ».

La destruction de l’œuvre à l’automne dernier est due à un grand projet de chantier de l’architecte français Dominique Perrault, visant à construire de nouveaux bâtiments et espaces pour les étudiants de l’EPFL. L’œuvre n’étant pas déplaçable, sa démolition était inévitable. Et l’artiste Owsky Kobalt étant décédée en 2019, l’EPFL a contacté son neveu, ayant droit de l’artiste, pour l’informer de la procédure – ce dernier témoigne dans le film de Bastien Genoux.

Un hommage à la vie d’une œuvre

Le court métrage ‘Elément blanc’ ne se contente pas de documenter la destruction physique de l’œuvre. Il explore également la « naissance et la mort » d’une œuvre d’art, en recueillant les témoignages de celles et ceux qui l’ont côtoyée. Le film met en lumière l’attachement des étudiantes et étudiants et du personnel de l’EPFL à cette sculpture, qui faisait partie intégrante de leur quotidien.

Lors du démontage de l’œuvre, beaucoup de plaques de marbres se sont cassées. Mais les morceaux qui ont pu être sauvés ont été récupérés et stockés. Une proposition architecturale et artistique sera faite à partir de ces « restes » lors de la projection du film. Ce film est une manière de laisser une trace de cette œuvre et de son histoire, de montrer ce qui se crée avec une œuvre de l’espace public.

Propos recueillis par Anne Laure Gannac

Adaptation web: ld

‘Elément blanc’ de Bastien Genoux, à voir dans le cadre du festival Les Culturelles, au Forum du Rolex Learning Center, EPFL, Ecublens (VD), le 11 mai 2026. Le film est suivi d’une table ronde.