La justice restaurative vise à faire dialoguer victimes et auteurs d’infractions pour réparer les dommages causés. Encore peu développée en Suisse, cette approche complémentaire à la justice pénale suscite un intérêt croissant.

« L’objectif est de restaurer ou d’essayer de réparer tout ce qui a souffert », explique Camille Perrier Depeursinge, professeure de droit pénal à l’Université de Lausanne et présidente de l’Association pour la justice restaurative en Suisse, dans le Point J.

Concrètement, le processus débute par des entretiens individuels avec un médiateur ou une médiatrice, avant une éventuelle rencontre entre les parties. Selon Camille Perrier Depeursinge, il s’agit d’un déroulement « vraiment consensuel, on n’impose rien à personne ». La préparation est minutieuse pour garantir un cadre sécurisant.

Si la rencontre directe entre victime et auteur reste centrale, d’autres formes existent comme les conférences familiales ou les dialogues en groupe entre victimes et auteurs d’infractions similaires.

La justice restaurative a surtout à apporter là où il y a vraiment un bagage émotionnel à déposer, des explications à recevoir

Camille Perrier Depeursinge, professeure de droit pénal à l’Université de Lausanne et présidente de l’Association pour la justice restaurative en Suisse

Cette approche a notamment fait parler d’elle l’automne dernier, car le terroriste Salah Abdeslam, condamné à la perpétuité incompressible en France après les attentats de Paris en novembre 2015, a demandé à y recourir avec des victimes ou des proches de victimes. Mais la justice restaurative peut-elle s’appliquer à tous les types de crimes?

Ses effets, notamment sur la récidive, ont-ils été documentés?

>> Ecouter l’épisode du Point J sur le sujet:

C’est quoi la justice restaurative ? / Le Point J / 14 min. / aujourd’hui à 17:00

>> Ecouter le témoignage d’une bénéficiaire de la justice restaurative dans le podcast Nous autres:

Michèle, choisir de rencontrer son agresseur / Nous autres / 17 min. / samedi à 00:01

>> Lire aussi  : Choisir de rencontrer son agresseur pour surmonter le traumatisme

Jessica Vial et l’équipe du Point J